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Les forces kurdes quittent une prison du nord de la Syrie après un accord avec Damas


Vendredi 23 janvier 2026 à 03h50

Raqa (Syrie), 23 jan 2026 (AFP) — La Syrie a annoncé vendredi que les forces kurdes quittaient une prison du nord du pays où elles gardaient jusque-là des membres présumés de l'organisation jihadiste Etat islamique (EI), au moment où le pouvoir central cherche à étendre son autorité sur l'ensemble du pays.

La minorité kurde, qui avait instauré une zone autonome dans le nord et le nord-est de la Syrie, le Rojava, après avoir défait l'EI avec l'aide de la coalition internationale antijihadiste, a connu récemment un important revers face à un pouvoir central soucieux de l'unité du pays.

Dans une offensive éclair menée avec l'assentiment manifeste de Washington et avec le soutien de la Turquie, les nouvelles autorités syriennes dirigées par Ahmed al-Chareh ont repris par la force des territoires administrés par les Forces démocratiques syriennes (FDS), bras armé de l'administration autonome kurde.

Dimanche, le président syrien avait annoncé un accord de cessez-le-feu avec les forces kurdes.

Il comprend l'intégration de leurs institutions civiles et militaires au sein de l'Etat, la remise immédiate au gouvernement des provinces sous contrôle kurde de Deir Ezzor et Raqa, et la prise en charge par Damas des prisonniers du groupe Etat islamique et de leurs familles détenus dans des prisons et des camps contrôlés par les Kurdes.

Un journaliste de l'AFP à Raqa a vu des bus et voitures quitter la prison d'Al-Aqtan dans la nuit de jeudi à vendredi, escortés par des véhicules du gouvernement.

Ce transfert a débuté "après cinq jours de négociations avec l'Etat syrien", selon la télévision d'Etat.

Ces soldats doivent rejoindre la ville d'Ain al-Arab, aussi appelée Kobané, dans la province d'Alep à la frontière avec la Turquie, selon la même source.

Il s'agit de "la première étape" de l'accord de cessez-le-feu, d'après l'armée, citée par l'agence d'Etat Sana. "Le ministère de l'Intérieur va prendre le contrôle de l'administration de la prison", de même source.

Quelque 800 combattants doivent quitter le site en vertu d'une "médiation internationale visant à éviter une escalade militaire", a indiqué une source gouvernementale à ce média.

Lundi, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) avait fait état d'affrontements entre les forces du gouvernement et les FDS au niveau d'Al-Aqtan.

Mercredi, Washington avait annoncé mener des opérations pour transférer jusqu'à 7.000 prisonniers de l'EI vers l'Irak depuis la Syrie.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.