
Samedi 28 mars 2026 à 15h59
Bagdad, 28 mars 2026 (AFP) — Les Etats-Unis et l'Irak ont annoncé "renforcer leur coopération" sécuritaire pour "empêcher les attaques" qui visent notamment le personnel militaire américain et les missions diplomatiques, cibles de groupes armés irakiens pro-Iran.
Impliquées dans le conflit régional en soutien à Téhéran, ces factions armés irakiennes ont mené des attaques de drones ou de roquettes contre l'ambassade américaine à Bagdad, mais aussi contre les conseillers militaires américains d'une coalition internationale antijihadiste déployée en Irak.
Ces groupes ont eux-mêmes été régulièrement pris pour cible par des frappes imputées à Washington ou à Israël.
Samedi, une "attaque" de drone, dans l'extrême nord du pays, a visé une résidence secondaire du président du Kurdistan autonome, Nechirvan Barzani. Les autorités à Bagdad ont annoncé dans un communiqué l'ouverture d'une enquête pour identifier et traduire en justice les auteurs.
Quelques heures plus tôt, une explosion a retenti dans la capitale du Kurdistan près de l'aéroport d'Erbil, où stationne la coalition, a rapporté un journaliste de l'AFP, alors que la défense antiaérienne intercepte quasi-quotidiennement des attaques de drones des groupes pro-Iran ciblant ces militaires.
Dans le cadre du "partenariat stratégique" unissant l'Irak et les Etats-Unis, les deux pays ont annoncé tard vendredi soir la création d'un "haut comité conjoint de coordination".
L'initiative permettra de "renforcer la coopération pour empêcher des attaques (...) et veiller à ce que le territoire irakien ne soit pas utilisé pour cibler le peuple irakien, les forces de sécurité irakiennes, des installations irakiennes stratégiques, le personnel américain, les missions diplomatiques et la coalition internationale" antijihadiste, selon des communiqués de l'ambassade américaine et d'une cellule média des forces irakiennes.
L'annonce intervient après une poussée de fièvre entre Washington et Bagdad, allié de Téhéran.
Des frappes aériennes ont visé une base et un hôpital militaire à l'ouest de Bagdad dans la région de Habbaniya, tuant mardi 15 combattants des anciens paramilitaires du Hachd al-Chaabi et mercredi sept soldats de l'armée.
Le gouvernement n'a pas nommément accusé les Etats-Unis, mais il avait annoncé mardi convoquer le chargé d'affaires américain après la frappe visant le Hachd, qui avait dénoncé des "frappes aériennes américaines".
Cette coalition d'ex-paramilitaires intégrée aux forces étatiques englobe ces mêmes groupes armés pro-Iran qui ont pour certains la réputation d'agir en électrons libres.
- Champ pétrolier visé -
Après les frappes meurtrières contre l'armée, un porte-parole de la diplomatie américaine avait nié "catégoriquement" toutes les "allégations selon lesquelles les Etats-Unis ont pris pour cible les forces de sécurité irakiennes."
Si les attaques de drones contre l'ambassade ont cessé depuis une dizaine de jours, elles se poursuivent contre d'autres cibles des factions pro-iraniennes, visant notamment des infrastructures pétrolières. Samedi matin, un drone s'est écrasé dans le sud sur le champ pétrolier de Majnoon - où la production est déjà à l'arrêt -, "sans détoner, et ne faisant ni dommages, ni blessés", d'après un communiqué du ministère de la Défense.
Dans la nuit de vendredi à samedi, une attaque de drone a visé un centre diplomatique et logistique américain à l'aéroport de Bagdad, d'après un responsable de sécurité irakien qui n'était pas en mesure de fournir de détails sur les potentiels dégâts.
Du "matériel des forces américaines" a été sorti de cette base par avion cargo, a-t-il précisé. Un autre responsable sécuritaire avait récemment rapporté plusieurs vagues d'évacuations du personnel américain du site.
Samedi à Bagdad, des funérailles ont été organisées pour un combattant du Hachd dont la dépouille a été identifiée après sa mort dans les frappes sur Habbaniya, d'après un photographe de l'AFP.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.