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Les autorités kurdes d'Irak condamnent les raids turcs contre le PKK


Samedi 25 juillet 2015 à 18h48

Erbil (Irak), 25 juil 2015 (AFP) — Les autorités du Kurdistan d'Irak ont condamné samedi les raids de l'armée turque contre des positions des rebelles kurdes turcs du PKK sur leur territoire.

Le président de cette région autonome du nord de l'Irak, Massoud Barzani, a appelé le Premier ministre turc Ahmed Davutoglu pour lui exprimer son "mécontentement quant à la dangerosité de la situation", selon le texte.

M. Barzani a demandé à ce que cesse l'escalade, ajoutant que "la paix était la seule façon de résoudre les problèmes, et que des années de négociations valent mieux qu'une heure de guerre", a ajouté le communiqué.

M. Davutoglu avait affirmé plus tôt dans la journée que M. Barzani lui avait exprimé sa "solidarité" lors d'une conversation téléphonique.

Un porte-parole en Irak des rebelles turcs du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), Bakhtiar Dogon, a affirmé à l'AFP qu'un combattant avait été tué et trois blessés dans les frappes qui ont commencé tard vendredi et ont duré une bonne partie de la journée de samedi.

Selon une source médicale, deux civils, dont un enfant de 12 ans, ont été blessés dans les raids.

La Turquie s'est résolument engagé vendredi dans la lutte contre les jihadistes de l'Etat islamique (EI) en Syrie en menant ses premières frappes sur leurs positions. Elle a dans le même temps décidé de frapper des positions du PKK dans le Kurdistan irakien où ce groupe a des camps.

Ses avions ont bombardé sept objectifs rebelles, abris, hangars ou lieux de stockages de munitions dans les monts Kandil, au nord-est d'Erbil, à la frontière avec la Turquie.

"On dirait que (le président turc Recep Tayyip) Erdogan veut nous entraîner de nouveau dans la guerre", a accusé M. Dogon.

Depuis l'automne 2012, le régime turc mène des discussions de paix avec le chef emprisonné du PKK, Abdullah Öcalan, pour tenter de mettre un terme à la rébellion kurde turque qui a fait 40.000 morts depuis 1984.

Le Parlement du Kurdistan irakien a lui aussi condamné les raids turcs, et demandé leur arrêt immédiat. "Ce genre de développement génère de la colère chez le peuple kurde", a-t-il affirmé dans un communiqué.

"Nous pensions que le gouvernement de la Turquie ne se résoudrait pas à de nouvelles frappes et offensives, puisque ses tentatives successives de régler par une solution militaire la question kurde n'ont mené à rien d'autre qu'à un bain de sang, à la pauvreté et aux démolitions", poursuit-il.

Dans le communiqué, les parlementaires demandent aussi "au PKK de revoir ses positions et de se concentrer sur le processus de paix, car vivre en paix est le meilleur chemin vers la prospérité".

Si les relations des rebelles kurdes turcs avec les autorités du Kurdistan irakien ne sont pas toujours au beau fixe, ils sont tous deux engagés dans la lutte contre l'EI, qui sévit en Syrie mais aussi en Irak.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.