Page Précédente

Les attaques contre les Kurdes en Syrie portent un coup au processus de paix en Turquie, prévient le PKK


Mardi 27 janvier 2026 à 15h55

Bagdad, 27 jan 2026 (AFP) — Les récents affrontements entre l'armée syrienne et les forces kurdes en Syrie constituent "un revers" pour le processus de paix avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) en Turquie, a déclaré mardi à l'AFP un responsable du mouvement.

"Les développements en Syrie, et plus largement au Moyen-Orient, ont eu un impact direct" sur ce processus, a affirmé Zagros Hiwa, porte-parole de la branche politique du PKK.

Le représentant a également qualifié les "attaques" contre les Kurdes dans le nord-est de la Syrie de "complot et conspiration" pour faire dérailler les négociations.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes) ont été contraintes ces dernières semaines à céder des pans entiers de territoire aux troupes gouvernementales de Damas.

Un cessez-le-feu est actuellement en vigueur et a été prolongé de 15 jours samedi, mais les deux parties s'accusent mutuellement de violations.

Ces affrontements font craindre un déraillement du processus de paix entre Ankara, proche allié du gouvernement syrien, et le PKK, initié en octobre 2024 et visant à mettre fin à plus de quatre décennies d'affrontements qui ont fait 50.000 morts.

Dans une déclaration séparée à la chaine de télévision Sterk, rapportée mardi par l'agence de presse prokurde Mezopotamia, un autre commandant du PKK, Murat Karayilan, met en garde directement le président turc Recep Tayyip Erdogan et son allié nationaliste Devlet Bahceli.

Ils "devraient savoir qu'il ne peut y avoir de paix avec les Kurdes sur la tombe du Rojava", du nom du territoire kurde autonome autoproclamé dans le nord-est de la Syrie.

"En d'autres termes, s'il s'agit de paix et de fraternité cette politique doit être abandonnée et un changement radical engagé", ajoute-t-il.

Pour Zagros Hiwa "l'engagement du PKK pour le processus de paix est une question stratégique". Mais "la nouvelle stratégie n'exclut pas l'urgence de se défendre contre des attaques génocidaires", a-t-il ajouté, tout en exprimant son "espoir" que le cessez-le-feu tienne en Syrie.

Le fondateur du PKK, Abdullah Öcalan, leader historique détenu depuis 1999 au large d'Istanbul, avait déjà dénoncé avec ces affrontements "une tentative de saboter le processus de paix"

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.