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Les Américains frappent encore en Syrie, Bagdad hors de portée de l'EI


Jeudi 16 octobre 2014 à 22h18

Washington, 16 oct 2014 (AFP) — Les Etats-Unis ont encore frappé le groupe Etat islamique (EI) près de la ville kurde de Kobané en Syrie, tandis que sur le front irakien, Washington a assuré jeudi que Bagdad était pour l'instant hors de portée des jihadistes.

L'administration américaine multiplie depuis 48 heures les communications sur ses opérations militaires à Kobané, une ville syrienne à la frontière avec la Turquie devenue le symbole international de la résistance à l'organisation EI.

L'armée américaine a annoncé jeudi avoir effectué 14 bombardements aériens visant les jihadistes à et autour de Kobané. Ces derniers raids ont détruit 19 bâtiments occupés par les ultra-radicaux sunnites et deux postes de commandement, a précisé le Commandement militaire américain chargé de la région (Centcom).

Les 18 autres frappes menées plus tôt cette semaine avaient "tué plusieurs centaines" de combattants islamistes, avait dit mercredi le Pentagone. Plus de 100 raids aériens ont été conduits contre les insurgés autour de Kobané depuis fin septembre.

Près de cette localité, "les avancées de l'EI paraissent avoir été freinées", a indiqué devant la presse le porte-parole de la Défense américaine, le contre-amiral John Kirby.

La veille, le coordonnateur de la coalition internationale, le général à la retraite John Allen, avait reconnu devant des journalistes que Kobané ne représentait pas un "objectif stratégique", mais avait plutôt une dimension "humanitaire" en raison des civils encore coincés dans la ville.

"Ce qui rend Kobané importante, c'est le fait que l'EI la veut. Et plus ils la veulent (...) plus nous disposons de cibles pour les frapper", a expliqué jeudi le porte-parole du Pentagone.

M. Kirby a toutefois réaffirmé que la localité kurde syrienne "pouvait toujours tomber" aux mains des jihadistes.

Le sort de Kobané reste totalement incertain après un mois de combats acharnés.

Les jihadistes sont allés jusqu'à occuper la moitié de la ville, mais les combattants kurdes résistent et semblent avoir repris cette semaine du terrain grâce à l'intensification des bombardements aériens. Sur ce font syrien, cela pourrait laisser entrevoir une guerre d'usure.

En revanche en Irak, les Américains n'ont visé aucune position islamiste mercredi et jeudi lors de la nouvelle série de frappes menées dans le cadre de l'opération "Détermination absolue".

Le contre-amiral Kirby a répété jeudi que "le temps avait été affreux" dans le centre du pays, notamment en raison de "tempêtes de sable" empêchant des vols de surveillance et des raids aériens.

Le général Allen avait exprimé mercredi l'inquiétude de Washington face aux "avancées importantes" de l'EI en Irak, notamment dans la province d'Al-Anbar que les jihadistes cherchent à contrôler totalement.

Le porte-parole du Pentagone a assuré de son côté que la capitale Bagdad n'était "pas à l'heure actuelle sous la menace imminente" des jihadistes. "Il n'y a pas de rassemblement massif des forces de l'EI à l'extérieur de Bagdad prêtes à y entrer", a-t-il dit lors d'un point de presse.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.