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Le procès d'une "revenante" de Syrie s'est ouvert devant les assises de Paris


Jeudi 2 mars 2023 à 10h53

Paris, 2 mars 2023 (AFP) — Le procès d'Amandine Le Coz, "une "revenante" radicalisée qui a séjourné plus de cinq ans en zone irako-syrienne jihadiste à partir de 2014, s'est ouvert jeudi devant la cour d'assises spéciale de Paris.

Cheveux châtains lâchés sur les épaules, long gilet gris, l'accusée de 32 ans originaire du Val-d'Oise a décliné depuis le box son identité, d'une voix hésitante.

Elle comparaît pour association de malfaiteurs terroriste (AMT) criminelle. Son procès est prévu jusqu'à vendredi.

Après une radicalisation express, elle s'était mariée sur internet avec un jihadiste en 2014 - elle avait 24 ans - avant de le rejoindre en Syrie avec l'aide de la famille de ce dernier.

Avec ce mari violent dont elle finira par divorcer, elle vit à Raqqa et quelques mois en Irak à Falloujah - où elle s'est exercée au tir à la kalachnikov mais "juste deux fois", "deux-trois balles", a-t-elle nuancé devant les enquêteurs.

Elle épousera ensuite un autre combattant du groupe Etat islamique (EI), avec qui elle aura un enfant né en 2017.

Les enquêteurs ont souligné "l'ambiguïté" et le "double discours" de celle qui semble avoir sérieusement envisagé de s'enfuir et de rentrer en France plusieurs fois, mais qui ne l'a jamais fait, contrairement à d'autres femmes avec qui elle en avait discuté.

"L'Etat islamique, c'est des malades", a dit pendant l'instruction celle qui a été mannequin et auxiliaire de vie en maison de retraite avant son départ, qu'elle "regrette".

Mais elle s'est aussi réjouie sur les réseaux sociaux de la vague d'attentats qui a frappé la France en 2015, et écrit qu'elle comptait se "faire exploser", peut-être lors de la gay-pride parisienne. Elle a par ailleurs tenté de convaincre au moins deux femmes, dont une mineure, de venir en Syrie.

Son engagement a été "intégral et durable", ont conclu les enquêteurs.

Arrêtée en 2018, elle a été détenue dans les camps de Roj et d'Aïn Issa sous le contrôle des forces kurdes, puis expulsée vers la France avec d'autres femmes fin 2019.

Mercredi soir, la cour d'assises spéciale de Paris a condamné une autre "revenante" de Syrie, Douha Mounib, à douze ans de réclusion criminelle.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.