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Le président syrien annonce un accord de cessez-le-feu avec le chef des forces kurdes


Dimanche 18 janvier 2026 à 20h05

Damas, 18 jan 2026 (AFP) — Le président syrien Ahmad al-Chareh a annoncé dimanche avoir signé un accord de cessez-le-feu avec le chef des forces kurdes en Syrie, Mazloum Abdi, après deux jours de rapide progression des forces syriennes dans des territoires longtemps contrôlés par les Kurdes dans le nord et l'est du pays.

Les Etats-Unis, qui soutiennent depuis des années les combattants kurdes syriens mais sont désormais également un allié clé de Damas, ont salué l'accord, l'émissaire américain pour la Syrie parlant d'un "tournant décisif" et "d'efforts constructifs" des deux parties.

"Je recommande un cessez-le-feu complet", a déclaré M. Chareh devant la presse au palais présidentiel juste après une rencontre avec M. Barrack, ajoutant que l'accord avait été signé à distance avec M. Abdi qui ne pouvait pas se déplacer pour des raisons météorologiques.

Ses détails doivent être finalisés lors de pourparlers lundi avec M. Abdi, a encore déclaré M. Chareh, estimant que le texte était "dans l'esprit" d'un accord précédent signé entre les deux parties en mars 2025.

Le texte de l'accord en quatorze points publié par la présidence prévoit "un cessez-le-feu complet et immédiat sur tous les fronts et points de contact entre les forces gouvernementales syriennes"et les FDS.

Il prévoit "l'intégration" des Forces démocratiques syriennes (FDS) et des forces de sécurité kurdes "au sein de la structure des ministères de la Défense et de l'Intérieur, sur une base individuel, après avoir effectué les contrôles de sécurité nécessaires".

L'accord inclut en outre la prise en charge par Damas des prisonniers du groupe jihadiste Etat islamique (EI) et de leurs familles détenus dans des prisons et des camps contrôlés par les Kurdes

Il comprend aussi "la remise complète et immédiate au gouvernement syrien de l'administration et des instances militaires des provinces de Deir Ezzor et Raqa" ainsi que "l'intégration de toutes les institutions civiles" de la province de Hassaké, autre bastion kurde, à l'Etat.

Le président syrien a exhorté les tribus arabes -qui constituent la majorité de la population des provinces de Deir Ezzor et de Raqa - "à maintenir le calme... afin d'ouvrir la voie à la mise en oeuvre progressive des dispositions de l'accord jusqu'à ce que nous parvenions à un calme complet en Syrie".

ll a également exprimé l'espoir que cet accord soit "un bon début" pour le développement et la reconstruction, "une chance pour la sécurité et la stabilité" et "que la Syrie mette fin à son état actuel de division et s'oriente vers un état d'unité et de progrès".

Ni M. Abdi, ni l'administration kurde du nord et du nord-est de la Syrie, n'ont commenté l'annonce de l'accord.

L'accord est un coup dur pour les Kurdes qui ambitionnaient de préserver leur administration autonome, instaurée de facto depuis plus d'une décennie dans le nord et le nord-est de la Syrie.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.