
Vendredi 16 janvier 2026 à 11h22
Berlin, 16 jan 2026 (AFP) — Le président syrien Ahmad al-Chareh est attendu mardi à Berlin, selon l'agenda du président allemand, Frank-Walter Steinmeier, publié vendredi, ce qui serait sa deuxième visite dans un pays de l'UE après celle en France en mai 2025.
Malgré les critiques persistantes concernant la situation des droits de l'homme en Syrie, le président par intérim devrait aussi rencontrer le chancelier Friedrich Merz. L'agenda de ce dernier n'a pas encore été rendu public, et son porte-parole n'avait pas voulu mercredi confirmer cette visite.
Une question centrale pour Berlin devrait être celle des conditions du retour dans leur pays de centaines de milliers de Syriens ayant fui la guerre civile sous le régime de Bachar al-Assad.
La venue à Berlin de ce dirigeant au passé de jihadiste avait filtré dans certains médias allemands, suscitant des critiques de la part des "minorités ethniques et religieuses de Syrie" vivant en Allemagne.
Dans un appel commun signé notamment par l'union des alaouites en Europe et la communauté kurde d'Allemagne, les protestataires appelaient mercredi "à un mandat d'arrêt (contre Ahmad al-Chareh, ndlr) plutôt qu'à une réception à la chancellerie".
Le gouvernement allemand est "ouvert à un approfondissement et à un nouveau départ avec le nouveau gouvernement syrien", avait déclaré pour sa part mercredi le porte-parole du gouvernement, Stefan Kornelius.
Cette visite intervient moins d'un mois après l'expulsion le 23 décembre dernier par l'Allemagne pour la première fois depuis le début de la guerre civile en 2011 d'un ressortissant syrien, un criminel condamné pour vol aggravé, coups et blessures et chantages, vers son pays.
Depuis son entrée en fonction en mai dernier le gouvernement du chancelier conservateur Friedrich Merz a entamé un tour de vis migratoire sur fond d'essor de l'extrême droite.
En novembre dernier, M. Merz avait plaidé pour le rapatriement de Syriens réfugiés jusqu'ici dans son pays, allant au besoin jusqu'à l'expulsion, au motif que la "guerre civile était terminée en Syrie". Il avait ainsi marqué son opposition à son ministre des Affaires étrangères, Johann Wadephul, pourtant du même parti que lui, qui s'était montré beaucoup plus réservé.
En visite à Damas quelques jours plus tôt, ce dernier avait affirmé que le retour de Syriens dans leur pays n'était "possible que dans une mesure très limitée car une grande partie des infrastructures de ce pays a été détruite", après 13 années de guerre civile.
Après la chute du président Bachar al-Assad en décembre 2024, plusieurs pays européens, dont l'Allemagne, avaient annoncé un gel des procédures de demandes d'asile dans un contexte de forte progression électorale des partis d'extrême droite après différentes attaques commises par des étrangers dans le pays.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.