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Le PKK interrompt son retrait de Turquie, accuse Ankara d'inaction (agence)


Lundi 9 septembre 2013 à 10h02

ANKARA, 09 sept 2013 (AFP) — Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a annoncé lundi avoir interrompu le retrait de ses combattants du territoire turc, engagé en mai dans le cadre d'un processus de paix avec Ankara, accusant les autorités turques d'inaction.

Dans un communiqué cité par l'agence de presse prokurde Firat News, le mouvement armé a expliqué que "l'attitude du gouvernement turc consistant à ne pas progresser sur la question kurde était à l'origine de cette situation", mais a précisé qu'il respecterait la trêve en vigueur avec les forces turques.

"Le retrait des combattants a été arrêté. La trêve sera maintenue (...) afin de permettre au gouvernement du Parti de la justice et du développement (AKP, au pouvoir) d'entamer des initiatives en faveur du projet (de paix) du président Apo (Abdullah Öcalan, chef emprisonné du PKK)", ajoute le communiqué.

Dans ce texte, le PKK impute "l'entière" responsabilité de cette décision au gouvernement islamo-conservateur turc, lui reprochant de ne pas faire adopter au Parlement un paquet de réformes démocratiques censées renforcer les droits de la minorité kurde de Turquie.

En échange du retrait de ses quelque 2.500 combattants de Turquie, le PKK exige des amendements au code pénal et aux lois sur les élections, ainsi que le droit à l'éducation en langue kurde et une forme d'autonomie régionale.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré le mois dernier que son gouvernement restait attaché au principe d'une paix avec le PKK. Mais il a précisé qu'une amnistie générale pour les rebelles, et notamment M. Öcalan qui purge une peine de prison à vie depuis 1999, et le droit à l'éducation en kurde n'étaient pas d'actualité.

M. Erdogan avait également relis en cause la réalité du retrait des troupes du PKK de Turquie, estimant que 20% à peine d'entre eux, "des vieux et des enfants" selon ses mots, avaient quitté la Turquie pour rejoindre leurs bases du Kurdistan irakien.

Une frange de l'opinion turque reste catégoriquement opposée aux discussions engagées par le gouvernement avec le chef du PKK, largement considéré comme un "terroriste".

Le conflit kurde en Turquie a fait plus de 40.000 morts depuis le début de l'insurrection du PKK, en 1984.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.