
Samedi 1 août 2015 à 17h15
Erbil (Irak), 1 août 2015 (AFP) — Les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) doivent quitter le Kurdistan irakien pour éviter que les raids de l'aviation turque contre leurs positions ne fassent des victimes parmi les civils, a affirmé samedi la présidence de cette région autonome.
"Le PKK doit maintenir le champ de bataille hors de la région du Kurdistan irakien pour que les civils ne deviennent pas des victimes de cette guerre", a indiqué le bureau du président de la région Massoud Barzani, dans un communiqué.
Depuis le 24 juillet, des avions de combat turcs visent des positions du PKK en Irak et du groupe jihadiste Etat islamique (EI) en Syrie, dans le cadre de la "guerre contre le terrorisme" engagée par le président Recep Tayyip Erdogan après l'attentat du 20 juillet à Suruç qui a fait 32 morts.
Le PKK, considéré par Ankara comme "terroriste", a affirmé qu'il avait perdu peu d'hommes dans les frappes alors que l'agence gouvernementale turque Anatolie a rapporté samedi qu'environ 260 combattants de cette guérilla kurde turque avaient été tués et des centaines d'autres blessés.
Le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) de M. Barzani a souvent eu des désaccords avec le PKK mais autorise depuis longtemps les combattants de ce mouvement à établir leurs camps et se réfugier dans les montagnes du Kurdistan irakien.
Dans le même communiqué, le président Barzani a pressé le PKK et le gouvernement turc de renouer leur dialogue, alors que la trêve qui tenait depuis 2013 entre les deux parties a volé en éclats après les récentes violences.
"La présidence du Kurdistan demande clairement que le PKK garde ses positions militaires en dehors de la région pour ne pas donner au gouvernement turc un prétexte pour justifier ses frappes contre des civils", a dit à l'AFP Kifah Mahmoud, un conseiller de M. Barzani.
"La Turquie ne bombarderait pas des civils si le PKK n'avait pas de bases dans la région (du Kurdistan)", a souligné ce conseiller.
A l'époque de Saddam Hussein, l'Irak et la Turquie ont conclu un accord qui permet à chaque pays de pénétrer sur le territoire de l'autre sur une profondeur de 15 km pour poursuivre des rebelles Kurdes. Selon M. Mahmoud, cet accord est toujours valide.
Après le communiqué du président Barzani, le gouvernement du Kurdistan irakien a pris une position moins tranchée, demandant simplement aux deux parties de ne pas s'affronter dans des zones peuplées.
"Nous pressons la Turquie de s'abstenir de bombarder des villages et des secteurs peuplés de la région, et nous pressons le PKK de maintenir ses forces et ses bases loin des villages et des zones habitées", a indiqué l'exécutif régional dans un communiqué.
Au moins six personnes ont été tuées samedi par des raids de l'armée turque sur le village de Zarkel, dans la région des monts Qandil, près de la capitale régionale Erbil, selon des responsables locaux.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.