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Le pétrole rechute sur fond d'espoirs pour l'offre, hausse des Bourses d'Asie avant la Fed


Mercredi 18 mars 2026 à 08h09

Tokyo, 18 mars 2026 (AFP) — Les prix du pétrole rechutent mercredi, dans un marché volatil espérant des améliorations sur l'offre de brut du Moyen-Orient, notamment après une reprise des exportations irakiennes, tandis que les Bourses d'Asie ont grimpé en attendant de cruciales annonces de banques centrales.

Le pétrole retombe, l'Irak et Ormuz dans le viseur

Vers 06H30 GMT, le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence américaine perdait 4,26% à 92,11 dollars.

Le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, cédait 2,82% à 100,50 dollars. Tous deux se repliaient après avoir bondi d'environ 3% la veille.

Alors que le conflit au Moyen-Orient entrait dans son 19e jour, les investisseurs restent suspendus aux développements de la guerre et leurs conséquences pour l'offre mondiale de brut.

L'Irak a ainsi annoncé mercredi la reprise d'une fraction de ses exportations pétrolières, soit 250.000 barils de pétrole par jour (bpj) acheminés par oléoduc jusqu'à un port turc, après un accord avec les autorités du Kurdistan autonome irakien.

Un signal remarqué même si ce n'est qu'une petite partie des 3,5 millions bpj qu'exportait avant le conflit ce membre fondateur de l'Opep.

Par ailleurs après que les pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont décidé de débloquer 400 millions de barils issus de leurs réserves stratégiques, l'opération a débuté cette semaine avec l'ouverture des stocks japonais et devrait s'accélérer vers la fin du mois.

Enfin, les opérateurs guettent les efforts américains pour tenter de débloquer la circulation dans le détroit d'Ormuz, par lequel transitait d'ordinaire un cinquième du brut mondial.

Les Etats-Unis ont ainsi bombardé "avec succès" des sites de missiles antinavires iraniens près du détroit.

Pour autant, "en l'absence de perspective de fin des hostilités, alors que le nombre de navires bloqués augmente chaque jour et que le détroit est techniquement fermé, le Brent est appelé à évoluer durablement au sein d'une nouvelle fourchette comprise entre 95 et 110 dollars", a averti Robert Rennie, de Westpac Banking, cité par Bloomberg.

De fait, la situation reste incertaine: alors que Téhéran a confirmé mardi soir la mort de son chef de la sécurité Ali Larijani, le président du Parlement iranien a averti de son côté que le détroit d'Ormuz ne retrouverait pas son fonctionnement d'avant-guerre, sans plus de détails.

Le marché guette aussi les frappes visant les infrastructures pétrolières des pays du Golfe. La zone industrielle pétrolière de Fujaïrah, sur la côte est des Emirats arabes unis, a été visée mardi par une nouvelle attaque de drones.

Bourses d'Asie optimistes, guettant la Fed

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en nette hausse de 2,86% à 55.239,40 points, et l'indice élargi Topix de 2,49%.

A la Bourse de Séoul, l'indice Kospi a bondi de plus de 5%. Taipei a grimpé de 1,51%, Sydney de 0,31%. L'indice hongkongais Hang Seng prenait 0,80% vers 06H30 GMT.

Les investisseurs, revigorés par le reflux des cours du pétrole, en ont profité en attendant une décision de la Réserve fédérale américaine (Fed) prévue plus tard mercredi.

Un statu quo semble acquis sur les taux, mais "l'attention du marché se portera sur la question de savoir si les membres du comité de politique monétaire modifieront leurs prévisions d'inflation, compte tenu de la hausse des prix du pétrole", observent les experts du courtier Monex Securities.

Des décisions de la Banque centrale européenne et de la Banque du Japon sont ensuite attendues jeudi.

"La tâche des banques centrales demeure ardue, confrontée à un arbitrage délicat entre la hausse des prix du pétrole et l'incertitude entourant les répercussions potentielles d'un conflit en Iran, le tout couplé aux dynamiques propres à chaque institution", souligne Michael Wan, de MUFG.

Plus généralement, "la corrélation observée depuis deux semaines - hausse du pétrole et baisse des actions - commence à se fissurer, cela signale que le marché privilégie désormais un scénario de résolution" fondé sur la nécessité pour Donald Trump "de chercher une porte de sortie" au Moyen-Orient, note Stephen Innes, de SPI Asset Management.

Avec "le ton prudemment constructif en Asie", le rebond des Bourses "suggère que le marché choisit activement de faire abstraction du bruit géopolitique plutôt que de l'intégrer par anticipation", estime-t-il.

La monnaie américaine cédait 0,14% à 158,78 yens pour un dollar. L'or également se renforçait légèrement (+0,10%) à 5.010 dollars l'once.

jug/abx

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.