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Le parquet demande le renvoi aux assises de l'assassin présumé de trois militantes kurdes


Mercredi 15 juillet 2015 à 13h49

Paris, 15 juil 2015 (AFP) — Le parquet de Paris a requis le 9 juillet le renvoi aux assises d'Omer Güney pour l'assassinat à Paris en janvier 2013 de trois militantes kurdes, dont une cadre du PKK, Sakine Cansiz, a appris mercredi l'AFP de sources judiciaire et proche du dossier.

Selon la source proche du dossier, les enquêteurs, sans avoir pu le démontrer, soupçonnent au terme de leurs investigations une "implication du MIT", les services secrets turcs, "dans l'instigation et la préparation des assassinats" de Sakine Cansiz, qui était sans doute la cible prioritaire, de Fidan Dogan et de Leyla Saylemez.

"Il est établi qu'Omer Güney avait une activité d'espionnage avérée", "qu'il a eu de nombreux contacts secrets avec des individus se trouvant en Turquie", "et que son plan d'évasion" de prison déjoué durant l'instruction, "prévoyait la participation d'un membre du MIT", a détaillé la source.

Toutefois, l'enquête n'a "pas permis d'établir" si des agents du MIT éventuellement impliqués "ont participé à ces faits de façon officielle, avec l'aval de leur hiérarchie ou s'ils l'ont fait à l'insu de leur service afin de le discréditer ou de nuire au processus de paix" entre Ankara et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Sakine Cansiz était une figure du PKK, considérée comme proche de son chef historique Abdullah Öcalan. Fidan Dogan, tuée d'une balle dans la bouche, était, elle, une militante très connue au sein de la classe politique européenne.

Güney, qui a nié les faits durant toute l'instruction, fait l'objet de réquisitions de renvoi aux assises spéciales de Paris pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste et pour association de malfaiteurs terroristes, ont indiqué les sources à l'AFP.

Durant l'instruction, Güney, pourtant confronté à des indices matériels très gênants, a nié les faits, offrant une personnalité déroutante, selon des sources proches du dossier.

Outre la thèse des services turcs, ont été évoquées en début d'instruction celles du différend personnel, du règlement de compte interne au sein du PKK ou d'un crime commis par les "Loups gris", groupe d'extrême droite turc.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.