Page Précédente

Le Parlement turc proroge son autorisation de frappes contre les Kurdes en Irak


Jeudi 10 octobre 2013 à 17h43

ANKARA, 10 oct 2013 (AFP) — Le Parlement turc a prorogé jeudi pour un an son autorisation, reconduite depuis 2007, de procéder à d'éventuelles frappes militaires contre des cibles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) sur le sol irakien, en dépit des pourparlers de paix en cours entre Ankara et ce mouvement rebelle.

Contrairement aux députés du Parti kurde pour la paix et la démocratie (BDP), les élus des deux autres partis de l'opposition ont joint leurs voix à celles du Parti islamo-conservateur de la justice et du développement (AKP), au pouvoir.

Ce vote, ainsi obtenu à une large majorité, est intervenu dix jours après la présentation par le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan d'une série de réformes destinées à étendre les droits des minorités en Turquie, à commencer par les quelque 15 millions de Kurdes y vivant.

Ces mesures, comme le droit à un enseignement en kurde dans les écoles privées, ont été jugées largement insuffisantes par les Kurdes.

Ceux-ci revendiquent le droit à un enseignement dans leur langue dans les écoles publiques, une autonomie régionale pour les zones de peuplement kurde, la libération des milliers de militants kurdes emprisonnés et la reconnaissance de l'identité kurde dans la Constitution turque.

Ankara a renoué le dialogue il y a un an avec le chef historique du PKK Abdullah Öcalan, qui purge en Turquie une peine de réclusion à vie, pour tenter de mettre un terme au conflit kurde, qui a fait plus de 40.000 morts depuis 1984.

Suivant les consignes de son chef, le PKK a décrété en mars un cessez-le-feu unilatéral, puis entamé en mai un retrait de ses quelque 2.500 combattants hors de Turquie, vers ses bases arrière des montagnes du nord de l'Irak.

En l'absence de gestes jugés suffisants de la part du gouvernement turc, les rebelles kurdes ont toutefois suspendu leur retrait début septembre.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.