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Le Parlement irakien reporte à nouveau la désignation du chef de l'Etat


Dimanche 1 février 2026 à 14h06

Bagdad, 1 fév 2026 (AFP) — Le Parlement irakien a ajourné dimanche, pour la deuxième fois en quelques jours, l'élection du président du pays, sur fond d'intenses tractations politiques et de tensions avec les Etats-Unis sur la nomination du Premier ministre.

Le vote a été reporté faute de quorum, a constaté un correspondant de l'AFP présent sur place.

L'agence de presse officielle Ina n'a pas précisé si une nouvelle date avait été fixée.

Conformément au système de partage du pouvoir en vigueur en Irak, le poste de Premier ministre revient à un chiite, la présidence du Parlement à un sunnite et la présidence de la République, un poste largement honorifique, est attribuée à un Kurde.

Mais les partis kurdes n'ont pas réussi à s'entendre sur un candidat, qui doit ensuite être soutenu par les autres blocs et obtenir une majorité des deux tiers au Parlement.

Une fois élu, le président disposera de 15 jours pour nommer le chef du gouvernement.

Ce poste de Premier ministre est censé revenir à Nouri al-Maliki, adoubé par la principale coalition chiite.

Mais cette perspective a provoqué la colère du président américain Donald Trump. Il a averti mardi que les Etats-Unis ne viendraient "plus en aide" au pays en cas de retour au pouvoir de cette figure de la vie politique irakienne, perçue comme proche de l'Iran.

M. Maliki, déjà deux fois Premier ministre, avait quitté le pouvoir en 2014 sous la pression de Washington.

Malgré les menaces américaines, il a de nouveau reçu samedi l'appui du Cadre de coordination, une alliance de factions chiites aux liens plus ou moins étroits avec l'Iran.

Ses dirigeants sont toutefois divisés, selon deux sources proches de cette coalition, certains souhaitant que M. Maliki se retire par peur d'éventuelles sanctions américaines s'il revient au pouvoir.

Après des décennies de conflits et de chaos, l'Irak a récemment regagné en stabilité. Mais son économie, déjà fragile, pâtira de mesures punitives des Etats-Unis, qui ont déjà sanctionné plusieurs entités accusées d'aider Téhéran à se soustraire à ses propres sanctions.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.