
Jeudi 14 mai 2026 à 18h31
Bagdad, 14 mai 2026 (AFP) — Le nouveau gouvernement irakien, dirigé par Ali al-Zaidi, a annoncé jeudi avoir obtenu la confiance du Parlement après des mois de blocages et sous pression croissante des Etats-Unis.
Le Parlement "a accordé sa confiance au gouvernement du Premier ministre Ali Faleh al-Zaidi et à son programme", a indiqué le bureau du chef du gouvernement dans un communiqué.
M. Zaidi, un homme d'affaires de 40 ans nommé le 27 avril, est considéré comme une figure de compromis, après le retrait de l'ancien Premier ministre Nouri al-Maliki sous la pression de Washington.
Il est soutenu par le Cadre de coordination, alliance de factions chiites majoritaire au Parlement et entretenant des liens à divers degrés avec l'Iran voisin.
En Irak, un gouvernement obtient la confiance lorsque le Parlement approuve une majorité du nombre de ministres. La présidence de la République, un poste largement honorifique, est attribuée à un Kurde, la fonction de Premier ministre à un chiite et la présidence du Parlement à un sunnite.
Le gouvernement de M. Zaidi devrait comprendre 23 portefeuilles ministériels mais l'équipe est encore incomplète car plusieurs postes font encore l'objet de tractations entre partis, six mois après les élections législatives de novembre.
Quatorze titulaires ont été approuvés par un vote d'une "majorité absolue" de députés, selon l'agence officielle INA.
Le programme gouvernemental de M. Zaidi a été présenté aux élus mais pas encore rendu public.
En janvier, le président américain Donald Trump avait menacé de retirer tout soutien à Bagdad si Nouri al-Maliki, perçu comme proche de l'Iran, revenait au pouvoir.
M. Zaidi est peu connu dans les milieux politiques. Banquier et propriétaire d'une chaîne de télévision, il n'avait jamais occupé de fonctions gouvernementales jusqu'ici.
L'Irak a longtemps été un terrain d'affrontement par procuration entre les Etats-Unis et l'Iran, les gouvernements successifs négociant un équilibre délicat entre ses deux partenaires, eux-mêmes ennemis.
Lors de la guerre contre l'Iran lancée le 28 février par les Etats-Unis et Israël, des intérêts américains en Irak ont été visés par des centaines de frappes attribuées à des milices pro-iraniennes, contre lesquelles l'armée américaine a riposté, faisant des dizaines de morts parmi les combattants.
Washington, dont des troupes sont présentes en Irak depuis l'invasion de 2003 pour renverser le régime de l'ancien dictateur Saddam Hussein, demande de longue date aux autorités irakiennes le désarmement de ces groupes pro-iraniens que l'administration américaine qualifie de terroristes.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.