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Le Kurdistan irakien veut être armé directement par les Etats-Unis


Vendredi 8 mai 2015 à 19h07

Washington, 8 mai 2015 (AFP) — Le président de la région autonome du Kurdistan irakien a réclamé vendredi depuis Washington que ses forces qui luttent contre le groupe Etat islamique soient directement armées par les Etats-Unis au lieu de passer par le gouvernement fédéral de Bagdad.

Massoud Barzani a affirmé que le gouvernement de Bagdad, avec lequel le Kurdistan s'affronte sur des questions territoriales, n'honorait pas un accord passé en 2007 entre les états-majors américain, irakien et kurde qui prévoyait que Bagdad livre aux peshmergas (combattants kurdes) les armes fournies par les Etats-Unis.

"Au final, les peshmergas n'ont jamais reçu la moindre balle ou la moindre arme de Bagdad", a dit M. Barzani à des journalistes à la fin d'un séjour d'une semaine dans la capitale américaine.

Le dirigeant kurde a pris soin de ne critiquer ni le président Barack Obama, ni son vice-président Joe Biden, avec lesquels il s'est entretenu, mais il a chaleureusement remercié ses "amis du Congrès" à l'origine d'un projet de loi qui obligerait Washington à livrer directement des armes aux Kurdes.

"Nous n'avons pas changé de position, nous insistons pour que les armes soient livrées aux peshmergas", a-t-il expliqué.

Les peshmergas, a fait valoir le sénateur républicain Lindsey Graham, co-auteur du texte, sont "les partenaires militaires les plus fiables (de Washington) en Irak".

Les combattants kurdes sont en première ligne dans la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique. Ils sont soutenus par les bombardements aériens de la coalition emmenée par les Etats-Unis.

Dans l'immédiat, la lutte contre l'EI reste la priorité de M. Barzani, mais il a dit vouloir organiser un référendum d'indépendance "peut-être cette année ou l'année prochaine".

"Notre quotidien c'est le combat contre les terroristes, et donc d'un point de vue pratique nous ne pouvons pas organiser ce référendum dès maintenant. Notre priorité est de faire échec à l'EI, mais cela ne veut pas dire que nous attendrons éternellement", a-t-il encore indiqué.

Il n'est pas non plus question que les peshmergas se retirent de la ville disputée de Kirkouk, que Bagdad revendique. Cependant, a noté Massoud Barzani, les forces kurdes sont prêtes à se battre aux côtés des forces irakiennes pour reprendre Mossoul aux jihadistes.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.