
Mercredi 4 février 2026 à 17h55
Paris (France), 4 fév 2026 (AFP) — Le chef de la diplomatie française est attendu à partir de jeudi au Proche et Moyen-Orient, où la France entend peser dans les multiples dossiers sensibles: de la lutte antijihadiste au désarmement du Hezbollah libanais en passant par la question des Kurdes en Syrie.
Jean-Noël Barrot se rendra successivement en Syrie, en Irak et au Liban, a indiqué mercredi Pascal Confavreux, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.
Lors de sa première halte à Damas, il rencontrera son homologue Assaad al-Chibani, alors que le pays sort à peine d'une poussée de tensions entre le gouvernement et la minorité kurde du nord du pays.
Pour Paris, la stabilité de la Syrie est un facteur incontournable de la sécurité régionale, et la question de l'intégration des minorités dans le nouveau paysage politique est centrale.
Depuis la chute du dictateur Bachar al-Assad en décembre 2024, la France se pose comme le garant de la préservation des droits des Kurdes, alliés historiques dans la coalition occidentale anti-Etat islamique (EI). Paris entend veiller au respect de l'accord signé la semaine dernière, visant à intégrer les institutions et les forces kurdes au sein de l'Etat syrien.
Cet accord a néanmoins anéanti les espoirs des Kurdes de conserver la zone autonome qu'ils avaient instaurée dans le nord et le nord-est de la Syrie au cours de la guerre civile qui a ravagé le pays entre 2011 et 2024.
M. Barrot se rendra ensuite à Bagdad, où il s'entretiendra avec le Premier ministre et son homologue irakiens. Le ministre français devrait aussi se rendre dans le nord du pays, à Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan pour y rencontrer le président du gouvernement local.
"Il ira notamment en Irak pour travailler avec les autorités fédérales et régionales kurdes à la stabilisation et à la poursuite de la lutte contre Daech" (acronyme arabe du groupe Etat islamique, ndlr), a indiqué Pascal Confavreux.
La question des combattants jihadistes français, transférés récemment de la Syrie vers les prisons irakiennes dans l'attente de leur procès, devrait être abordée au moment où Paris redoute une résurgence du groupe Etat islamique dans une région déjà bouleversée par les conflits entre Israël et le groupe islamiste palestinien Hamas d'une part, entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah d'autre part, auxquels s'ajoute l'instabilité en Iran.
A Beyrouth, où il devrait arriver vendredi, il sera question de la poursuite du désarmement du Hezbollah prévu dans l'accord de cessez-le-feu.
Le ministre français évoquera la préparation de la conférence de soutien à l'armée libanaise et aux forces de sécurité intérieure, prévue début mars à Paris, dont l'objectif est d'apporter aide financière et équipements pour les renforcer précisément dans leur mission de désarmement du mouvement.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.