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Le cessez-le-feu entre Damas et les Kurdes expire sans annonce officielle de prolongation


Samedi 24 janvier 2026 à 19h45

Damas, 24 jan 2026 (AFP) — Le cessez-le-feu de quatre jours conclu cette semaine entre le gouvernement syrien et les forces kurdes est arrivé samedi à échéance, sans annonce officielle sur sa prolongation.

Plus tôt samedi, des sources de chaque camp ont indiqué à l'AFP que les deux parties avaient accepté de prolonger la trêve, un responsable syrien évoquant une extension d'un mois.

Mais quelques minutes avant l'échéance fixée à 20H00 (17H00 GMT), la télévision d'Etat syrienne a indiqué qu'aucune prolongation n'avait encore été décidée.

Décrété mardi, le cessez-le-feu a depuis été globalement respecté, alors que les forces kurdes font face à une offensive de l'armée dans le nord-est du pays.

"L'accord devrait être prolongé d'un mois, une des raisons étant de terminer le transfert (vers l'Irak, NDLR) des prisonniers membres du groupe Etat islamique", a déclaré à l'AFP une source gouvernementale syrienne, qui comme les autres sources a requis l'anonymat, n'étant pas autorisée à parler aux médias.

Une source diplomatique à Damas a confirmé cette prolongation, "qui sera d'un mois maximum".

Côté kurde, une source proche des négociations a indiqué à l'AFP que le cessez-le-feu serait prolongé "jusqu'à ce qu'une solution politique mutuellement acceptable soit trouvée", sans évoquer de durée.

Le pouvoir syrien, déterminé à étendre son autorité sur l'ensemble du pays, avait annoncé dimanche un accord avec les Kurdes pour intégrer leurs institutions civiles et militaires au sein de l'Etat.

Cet accord, pour lequel les Kurdes syriens doivent présenter un plan d'application, porte un coup aux espoirs d'autonomie de cette minorité, qui avait instauré une zone autonome dans le nord et le nord-est durant la guerre civile (2011-2024).

Les Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes) ont soumis une proposition à Damas via l'émissaire américain pour la Syrie, Tom Barrack, a indiqué à l'AFP la source kurde.

Selon elle, cette proposition intègre la demande du gouvernement de le laisser contrôler les points de passage frontaliers et réclame qu'une partie de ces recettes, dont celles du pétrole, soient allouées aux régions à majorité kurde.

Délogés d'Alep plus tôt en janvier après des combats meurtriers, puis des provinces à majorité arabe de Raqa et Deir Ezzor cette semaine, les FDS, bras armé de l'administration autonome kurde, se sont repliées au coeur de leur zone, à Hassaké.

Des troupes syriennes ont pris position tout autour.

Avant l'échéance, l'administration autonome kurde a accusé Damas de mener des "préparatifs militaires" visant à "entraîner la région dans une nouvelle confrontation".

Les affrontements des derniers jours ont suscité des inquiétudes quand aux camps de prisonniers de l'EI présents dans la zone, jusqu'ici contrôlés par les forces kurdes.

L'armée syrienne a repris la main sur al-Hol, le plus grand camp de détention de proches de jihadistes, tandis que les Etats-Unis ont commencé à transférer des prisonniers vers l'Irak.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, dont le pays soutient Damas, avait déclaré vendredi qu'une prolongation du cessez-le-feu pouvait être envisagée le temps du transfert des détenus de l'EI vers l'Irak.

Alors que les troupes de Damas encerclent la ville à majorité kurde de Kobané, le parti turc pro-kurde DEM a appelé samedi à la levée immédiate du blocus.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.