
Jeudi 5 mars 2026 à 16h50
Ankara, 5 mars 2026 (AFP) — La Turquie suit "de près" les actions des groupes kurdes iraniens, a affirmé jeudi le ministère turc de la Défense, inquiet de voir des militants qu'Ankara considère comme "séparatistes" être impliqués dans la guerre en Iran.
"Les activités des structures qui alimentent le séparatisme ethnique, telles que l'organisation terroriste PJAK, nuisent non seulement à la sécurité de l'Iran, mais aussi à la paix et à la stabilité générales de la région. Nous suivons de près les activités de l'organisation terroriste PJAK en Iran", a affirmé le ministère.
Ankara considère le PJAK (Parti de la vie libre du Kurdistan) comme une émanation du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), interdit en Turquie.
Le 22 février, le PJAK et quatre autres groupes kurdes en exil ont annoncé la formation d'une coalition politique visant à renverser la République islamique et, à terme, à obtenir l'autodétermination du Kurdistan.
Six groupes kurdes font depuis mercredi partie de cette coalition.
"La Turquie n'est pas favorable à la partition des pays voisins, mais au contraire à la préservation de leur intégrité territoriale", a précisé le ministère turc de la Défense.
Le guerre a débuté samedi lorsque des frappes américano-israéliennes ont touché l'Iran, qui a riposté par des frappes dans toute la région. Téhéran a déclaré mercredi avoir ciblé des groupes armés kurdes basés en Irak.
Selon des médias américains, Washington chercherait à armer des combattants kurdes pour infiltrer l'Iran, une initiative susceptible de susciter l'indignation de la Turquie.
Présents en Turquie, en Syrie, en Irak et en Iran, les Kurdes constituent l'une des plus importantes minorités ethniques d'Iran et soutiennent depuis longtemps les manifestations antigouvernementales dans la République islamique.
La Turquie cherche à mettre fin à son conflit avec le PKK, qui s'est officiellement dissous l'an dernier après quatre décennies de violence ayant fait plus de 50.000 morts.
Bien que la plupart des groupes liés au PKK aient adhéré à l'appel au désarmement, le PJAK ne s'y est pas associé.
Ankara craint que les troubles régionaux n'encouragent des groupes séparatistes kurdes.
"La neutralisation complète du PJAK constitue une nécessité urgente pour la sécurité de l'Iran", avait affirmé fin janvier le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, à son homologue iranien.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.