
Jeudi 25 juin 2015 à 14h17
Ankara, 25 juin 2015 (AFP) — La Turquie a qualifié jeudi de "propagande" les allégations kurdes selon lesquelles les jihadistes du groupe Etat islamique (EI), qui ont repris pied jeudi dans la ville kurde syrienne de Kobané en y menant trois attentats-suicide, étaient passés par son territoire.
"Les allégations selon lesquelles les militants de Daesh (acronyme arabe de l'EI) sont passés par les frontières turques sont un mensonge et relèvent de la pure propagande", a déclaré le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus sur son compte Twitter.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), des combattants de l'EI ont lancé une attaque surprise dans Kobané où ils ont mené trois attentats suicide à quelques heures d'intervalle. Des combats continuaient à faire rage dans le centre de la ville.
Au moins 20 personnes ont été tuées dans les violences de jeudi --huit jihadistes et 12 civils et combattants kurdes--, a précisé l'OSDH.
Les autorités turques ont pour leur part recensé dans les hôpitaux de Suruç, la ville frontalière turque qui fait face à Kobané, quatre morts et 96 blessés parmi les personnes transportées sur son territoire après l'attaque.
Un militant kurde syrien, Arin Shekhmos, a affirmé jeudi à l'AFP que les forces de l'EI qui ont attaqué Kobané étaient passées par le poste-frontière turc de Mursitpinar, à quelques kilomètres à peine du centre de la ville syrienne.
Avant M. Kurtulmus, le bureau du gouverneur de la province de Santiurfa (sud-est) avait déjà rejeté ces allégations. "Les éléments en notre possession prouvent que les membres de cette organisation se sont infiltrés à Kobané depuis (la ville de) Jarablos en Syrie", avait-il assuré dans une déclaration écrite.
L'agence de presse gouvernementale Anatolie a publié jeudi matin une vidéo qui montre une forte détonation dans la ville de Kobané, mais sans autre détail susceptible de localiser l'incident ou son origine.
Les pays occidentaux reprochent régulièrement au gouvernement islamo-conservateur turc de ne pas déployer suffisamment d'efforts pour contrôler sa frontière avec la Syrie et y bloquer le flux des militants qui rejoignent les rangs jihadistes.
La Turquie dément toute complaisance en mettant en exergue les arrestations sur son territoire de recrues étrangères à destination de la Syrie et accuse en retour ses alliés de ne pas partager leurs informations sur ces candidats au "jihad".
Appuyées par les frappes aériennes de la coalition dirigée par les Etats-Unis, les milices kurdes ont repoussé en janvier le groupe Etat islamique hors de Kobané, après plus de quatre mois d'intenses combats qui ont provoqué l'exode de 200.000 réfugiés, pour la plupart kurdes, vers la Turquie voisine.
Aucun signe d'un éventuel nouvel afflux de réfugiés syriens n'était signalé jeudi à la frontière turque, a-t-on assuré de source turque.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.