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La Turquie assure qu'elle protégera sa frontière mais n'agira pas seule en Syrie


Mardi 30 juin 2015 à 16h04

Ankara, 30 juin 2015 (AFP) — La Turquie ne prendra des mesures militaires que pour renforcer sa sécurité à sa frontière avec la Syrie et n'agira pas de façon "unilatérale", a assuré mardi le porte-parole de la présidence, alors que la presse bruisse de rumeurs d'intervention sur le sol syrien.

"Les mesures que nous prenons à notre frontière ont pour seul but d'assurer notre sécurité (...) il n'est pas rationnel de dire +la Turquie entre en guerre+ ou +la Turquie est précipitée dans le feu+", a déclaré Ibrahim Kalin à la presse.

M. Kalin a ajouté que la Turquie ne prendrait aucune "mesure unilatérale" et continuerait à agir en liaison avec la communauté internationale.

Depuis plusieurs jours, les médias turcs affirment que le gouvernement envisage une opération militaire en Syrie pour repousser loin de ses frontières les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) et empêcher la progression des forces kurdes, qui tiennent désormais une grande partie de la zone frontalière avec la Turquie.

L'agence de presse Dogan a rapporté mardi le déploiement de renforts militaires, notamment de blindés, près de la frontière.

Depuis que les milices kurdes ont chassé mi-juin les jihadistes de l'EI de la ville frontalière syrienne de Tall Abyad, Ankara s'inquiète de la création d'une zone autonome kurde dans le nord de la Syrie.

Lundi, le Conseil national de sécurité (MGK) présidé par le chef de l'Etat Recep Tayyip Erdogan s'est inquiété des "actions visant les civils dans la région et destinées à modifier la composition démographique de la région", mais n'a annoncé aucune opération immédiate.

La Turquie accuse les milices kurdes de Syrie, proches du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui mène la rébellion sur son sol, de "nettoyage ethnique" dans les secteurs qu'elles contrôlent, ce qu'elles ont fermement démenti.

Le Premier ministre islamo-conservateur Ahmet Davutoglu, qui expédie les affaires courantes depuis les législatives du 7 juin à l'issue desquelles son parti a perdu la majorité absolue, a réaffirmé mardi qu'il n'accepterait pas de "fait accompli" dans le nord de la Syrie.

Le chef du principal parti d'opposition, Kemal Kiliçdaroglu (Parti républicain du peuple, social-démocrate), a, quant à lui, mis en garde contre toute "aventure" en Syrie, avertissant qu'une intervention militaire "se paiera cher".

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.