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La Turquie a de nouveau frappé le PKK dans le nord de l'Irak


Jeudi 18 août 2011 à 21h08

ANKARA, 18 août 2011 (AFP) — L'aviation turque a mené de nouveaux raids jeudi soir contre des caches de rebelles kurdes situées dans le nord de l'Irak après avoir adopté une "nouvelle stratégie" de lutte préconisant un durcissement contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Plus d'une dizaines de chasseurs ont bombardé plusieurs positions de rebelles dans la montagne irakienne, ont rapporté les médias turcs et l'agence de presse pro-kurde Firatnews.

Il s'agit du deuxième pilonnage des repaires du PKK en Irak depuis mercredi soir, quelques heures après une embuscade sanglante des rebelles qui a coûté la vie dans le sud-est de la Turquie à neuf membres des forces turques.

Avant mercredi, la Turquie n'avait pas pilonné les caches du PKK en Irak depuis plus d'un an.

Les raids de jeudi ont visé des cibles du PKK dans le mont Qandil, proche de la frontière avec l'Iran, où se trouve un centre de commandement, a affirmé Firatnews, très bien renseignée sur le PKK.

Selon l'agence de presse turque IHA, 16 chasseurs F-16 ont décollé vers 19h00 GMT de leurs bases en Turquie en direction du nord de l'Irak.

L'état-major avait averti jeudi, en confirmant les bombardements de la veille que ces raids se poursuivraient si nécessaire.

Un porte-parole du PKK, Dozdar Hammo, a déclaré à l'AFP vers 20h00 GMT que les bombardements turcs continuaient et visaient les bases rebelles situées en territoire irakien dans les zones de Qandil al-Zan et de Khowakirk, près de la frontière avec la Turquie.

Il a affirmé que ni les raids de mercredi ni ceux de jeudi n'avaient fait de victimes.

Par ailleurs, deux soldats turcs ont été tués et quatre autres ont été blessés jeudi soir dans une attaque à la roquette de rebelles kurdes visant un poste de gendarmerie à Eruh, dans la province de Siirt, ont rapporté les chaînes de télévision.

La multiplication des attaques du PKK ces deux derniers mois, qui ont fait plus de 40 morts dans les rangs de la police et de l'armée, a poussé la Turquie à mettre en oeuvre des mesures "plus efficaces" dans le cadre d'une "nouvelle stratégie" pour lutter contre le PKK.

Les autorités politiques et militaires turques réunies mercredi pendant près de cinq heures autour du Conseil national de sécurité (MGK) se sont prononcés en faveur d'un durcissement contre le PKK.

La déclaration publié au terme de la réunion appelle aussi les pays voisins de la Turquie "à prendre leurs responsabilités" pour éradiquer la présence de rebelles sur leur territoire, sans citer nommément un pays.

Selon Ankara, 2.000 rebelles sont retranchés en Irak, d'où ils s'infiltrent en Turquie pour mener des attaques.

Le MGK préconise une "meilleure coordination" des moyens militaires et policiers engagés pour lutter contre le PKK, tout en insistant que la lutte contre "le terrorisme du PKK sera poursuivie avec détermination, sans pour autant renoncer aux principes de l'Etat de droit" et aux normes démocratiques.

Avant la réunion, la presse avait spéculé que les mesures envisagées prévoyaient le déploiement dans les zones de combat d'unités spéciales de la police et de troupes militaires entièrement professionnelles.

M. Erdogan, excédé par l'intensification des attaques du PKK, a réagi avec virulence au guet-apens de mercredi: "Notre patience est à bout", a-t-il dit.

Il a aussi signalé un raidissement de son gouvernement vis-à-vis de la question kurde, évoquant "une nouvelle ère", et a averti que "ceux qui ne s'écartent pas du terrorisme vont en payer le prix", un message adressé aux politiciens kurdes jugés trop proches du PKK.

Les Etats-Unis, qui considèrent le PKK comme une organisation terroriste, ont indiqué qu'il continueraient de fournir leur soutien à Ankara pour combattre les rebelles.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.