
Mercredi 15 avril 2026 à 19h51
Baniyas (Syrie), 15 avr 2026 (AFP) — La Syrie a entamé mercredi le chargement d'un premier pétrolier pour exporter du pétrole irakien, selon les médias d'État et un correspondant de l'AFP, suite à un accord visant à relancer les exportations pétrolières de l'Irak, entravées par la guerre au Moyen-Orient.
Avec la perturbation du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran, les exportations irakiennes se sont arrêtées et les réservoirs de stockage de pétrole ont commencé à se remplir rapidement, contraignant les autorités à suspendre largement la production.
Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation.
"Le chargement du premier pétrolier est en cours aujourd'hui en Syrie, dans le cadre de l'accord conclu avec la partie irakienne pour transporter le pétrole irakien vers la raffinerie de Baniyas, puis vers le terminal pétrolier pour son expédition par voie maritime", a déclaré le directeur général adjoint de la Syrian Petroleum Company, Ahmed Qubbaji, à des journalistes, dont un correspondant de l'AFP.
"La quantité qui sera chargée sur le pétrolier est estimée à environ 500.000 tonnes" et l'opération prendra au moins trois jours, a-t-il indiqué.
Selon M. Qubbaji, l'accord permet aux Syriens de prendre "le pétrole dont nous avons besoin pour les centrales électriques afin de produire de l'électricité, tandis que l'excédent est exporté".
Un correspondant de l'AFP a vu des dizaines de camions-citernes portant des plaques d'immatriculation irakiennes à l'entrée de la ville de Tartous, se dirigeant vers la raffinerie de Baniyas et les réservoirs de stockage qui l'entourent.
Dans un communiqué publié début avril, le ministère irakien du Pétrole avait annoncé avoir "commencé à exporter du pétrole par camions-citernes via la Syrie voisine".
Membre fondateur de l'alliance des pays exportateurs de pétrole, Opep, l'Irak dépend fortement de ses exportations d'or noir, qui représentent environ 90% de ses recettes budgétaires.
Avant le début de la guerre régionale le 28 février, la majeure partie de sa production - environ 3,5 millions de barils par jour en temps normal - était exportée via le Golfe.
Le mois dernier, l'Irak a annoncé avoir repris une partie de ses exportations, à hauteur de 250.000 barils par jour, via l'oléoduc de la région du Kurdistan qui mène au port turc de Ceyhan.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.