
Dimanche 30 juin 2013 à 20h20
DIYARBAKIR (Turquie), 30 juin 2013 (AFP) — La police antiémeute turque a fait usage dimanche de gaz lacrymogène et de canons à eau pour disperser des milliers de personnes qui manifestaient dans le sud-est de la Turquie pour les droits des Kurdes, selon des journalistes.
Ils étaient environ 8.000 à s'être rassemblés devant le bâtiment abritant le Parti de la Paix et de la Démocratie (BDP), favorable à la cause kurde, à Diyarbakir, au premier jour du mouvement baptisé "Gouvernement, prends une mesure", qui vise à faire pression sur les autorités en vue d'obtenir des progrès dans le processus de paix avec les Kurdes.
Un groupe de manifestants masqués a jeté des pierres sur la police, qui avait refusé d'autoriser la manifestation, et les policiers ont répliqué à coups de gaz lacrymogène et avec des canons à eau.
Quatre personnes, dont un journaliste, ont été blessées dans ces heurts qui se poursuivaient en début de soirée dans plusieurs rues de Diyarbakir, ville située dans une région où la population est en majorité kurde.
Le BDP a annoncé dimanche qu'il organiserait de tels mouvements dans toute la Turquie afin de contraindre le gouvernement à mettre en oeuvre des réformes destinées à permettre le règlement du conflit vieux d'une trentaine d'années avec les séparatistes kurdes en Turquie.
Le chef des rebelles kurdes de Turquie, Abdullah Öcalan, qui purge une peine de prison à vie sur l'île-prison d'Imrali (nord-ouest), a annoncé mardi le début d'une deuxième étape dans le processus de paix engagé avec Ankara, après la fin prochaine du retrait de ses combattants kurdes du territoire turc.
Les rebelles armés du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont commencé à se retirer le mois dernier vers leurs bases du nord de l'Irak, première étape de l'accord passé entre le chef rebelle et Ankara pour un règlement au conflit kurde qui a coûté la vie à plus de 40.000 personnes depuis 1984.
Selon les médias turcs, le retrait de ces combattants touche à sa fin.
Dans la deuxième étape, le gouvernement islamo-conservateur turc doit faire les réformes nécessaires pour accroître les droits de la communauté kurde, qui constituerait entre 12 et 15 millions des 76 millions d'habitants de la Turquie.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.