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La menace posée par l'EI s'accroit et devient plus "complexe", selon l'ONU


Mercredi 4 février 2026 à 21h30

Nations unies (États-Unis), 4 fév 2026 (AFP) — La menace posée par l'Etat islamique (EI) dans le monde "s'est accrue de manière constante" depuis l'été 2025 et devient de plus en plus "complexe" à enrayer du fait de l'adaptabilité du groupe, a estimé mercredi le bureau de l'ONU chargé de la lutte contre le terrorisme.

S'exprimant devant le Conseil de sécurité, Alexandre Zouev, l'un des responsables du Bureau des Nations Unies pour la lutte contre le terrorisme (UNOCT) a relevé que le mouvement jihadiste et les groupes qui lui sont associés "continuent de s'étendre" en Afrique de l'Ouest et au Sahel, tandis qu'ils "poursuivent leurs attaques en Irak et en Syrie".

"En Afghanistan, l'Etat islamique au Khorassan continue de poser l'une des plus importantes menaces pour la région", a-t-il poursuivi, citant aussi l'attentat antisémite qui a fait 15 morts en décembre en Australie, inspiré par l'idéologie de l'EI.

Fin janvier, l'Etat islamique a mené une attaque brève et inédite contre le principal aéroport au Niger, confirmant la montée en puissance du groupe dans la région. Quelques jours plus tôt, l'EI revendiquait un attentat à Kaboul dans un restaurant chinois, faisant 7 morts.

En Syrie, le retrait des forces kurdes de certaines zones où elles administraient des prisons abritant des milliers de jihadistes ainsi que des camps accueillant leurs familles ont créé une grande instabilité. Craignant des évasions, les Etats-Unis transfèrent actuellement des prisonniers vers l'Irak voisin.

"Le groupe et ses affiliés ont continué de s'adapter et de faire preuve de résilience" et, "malgré une pression soutenue", ont "poursuivi le recrutement de combattants" tout en renforçant leur recours à des technologies nouvelles et émergentes, selon Alexandre Zouev.

Natalia Gherman, chargée des questions de terrorisme au secrétariat général de l'ONU, a détaillé comment l'organisation jihadiste avait modernisé ses pratiques.

"Daech (acronyme arabe de l'EI) et d'autres groupes terroristes ont élargi leur recours aux actifs virtuels, y compris les cryptomonnaies, parallèlement à l'utilisation d'outils cybernétiques, de systèmes d'aéronefs sans pilote et d'applications avancées de l'intelligence artificielle", a-t-elle relevé.

L'IA "est de plus en plus utilisée par les groupes terroristes, notamment à des fins de radicalisation et de recrutement, avec un accent particulier mis sur les jeunes et les enfants", a-t-elle encore noté.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.