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La lutte contre le PKK au coeur d'une rencontre Bush-Erdogan lundi


Dimanche 1 octobre 2006 à 10h43

ISTANBUL, 1 oct 2006 (AFP) — La lutte contre les rebelles séparatistes kurdes de Turquie devrait être, en dépit de la trêve annoncée par ces derniers, au coeur de la rencontre prévue lundi à Washington entre le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et le président américain George W. Bush.

Interrogé par des journalistes dans l'avion qui l'a conduit dans la nuit de vendredi à samedi à New York sur le sujet le plus important devant être abordé avec M. Bush, M. Erdogan a répondu: "le Parti des travailleurs du Kurdistan" (PKK), a rapporté dimanche le quotidien à grand tirage Hürriyet.

"Je vais demander l'accélération de la mise en oeuvre des décisions prises. Je vais demander des choses comme la prévention des infiltrations, la fermeture des bureaux (du PKK en Irak), la mise au clair de l'attitude (américaine) face aux terroristes en Irak" a poursuivi le Premier ministre, cité par Hürriyet.

Le PKK, considéré comme une organisation terroriste par la Turquie, l'Union européenne et les Etats-Unis, dispose de camps dans le nord de l'Irak, depuis lesquels ses militants s'inflitrent en territoire turc pour des attaques sporadiques.

Ankara s'est souvent plaint de l'inaction de Bagdad et de Washington face au PKK dans cette zone, allant jusqu'à menacer cet été d'intervenir directement pour éradiquer les camps.

Déconseillant à la Turquie de pénétrer en Irak, la Maison Blanche a assuré Ankara de son aide et les deux pays ont nommé début septembre des émissaires spéciaux chargés de coordonner leur lutte contre le PKK.

L'émissaire américain, le général à la retraite Joseph W. Ralston, a indiqué qu'il recherchait des mesures "effectives" et "visibles" contre les rebelles.

L'annonce par le PKK samedi d'une trêve unilatérale à compter de dimanche et pour une durée indéterminée ne devrait pas modifier substanciellement la teneur des débats avec M. Bush.

"Le président américain et moi avons une opinion en commun, c'est qu'il faut annihiler l'organisation terroriste. Elle doit être mise hors d'état de nuire", a déclaré tard samedi M. Erdogan, cité par l'agence de presse Anatolie, lors d'un discours devant la communauté turque de New York.

Le Premier ministre avait déjà balayé d'un revers de main jeudi un appel à la trêve lancé au PKK par son chef emprisonné Abdullah Öcalan, estimant que "un cessez-le-feu se fait entre des Etats, c'est inapproprié pour une organisation terroriste" et que le PKK "doit déposer les armes".

Dans l'avion le conduisant à New York, il a néanmoins laissé entendre, avec une phrase sujette à interprétations, que l'armée turque pourrait désormais faire preuve de circonspection avant de lancer des opérations contre les rebelles.

"Les forces de sécurité ne mettent un terme à leurs opérations nulle part dans le monde, elles accomplissent leur mission. Elles sont opérationnelles et ne peuvent cesser de l'être", a affirmé M. Erdogan, cité par le quotidien Milliyet.

"Nous avons discuté avec le général (et chef de l'état-major Yasar) Büyükanit (...) de l'annonce d'un cessez-le-feu. Si l'organisation terroriste tient parole, aucune opération ne sera menée sans raison" par l'armée, a-t-il poursuivi.

Le PKK a décrété quatre trêves dans le passé. La dernière d'entre elles, décidée en 1999 à la suite de l'arrestation d'Abdullah Öcalan, a pris fin en juin 2004.

Les rebelles, qui se battent pour l'indépendance du Sud-Est anatolien, à la population majoritairement kurde, ont depuis multiplié leurs opérations.

Le conflit kurde en Turquie a fait plus de 37.000 morts depuis le déclenchement de l'insurrection, en 1984.

M. Erdogan doit se rendre dimanche à Washington, où il prononcera un discours à l'université de Georgetown.

Il quittera les Etats-Unis lundi après son entrevue avec M. Bush et se rendra au Royaume-Uni, où il rencontrera mardi le Premier ministre britannique Tony Blair.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.