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L'OSCE redoute une restriction de la liberté de parole en Turquie


Vendredi 19 juillet 2013 à 15h58

VIENNE (Autriche), 19 juil 2013 (AFP) — L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a dénoncé vendredi la condamnation d'un éditorialiste turc critique contre le pouvoir, Ahmet Altan, y voyant une menace pour la liberté de parole en Turquie.

"La peine de prison à l'encontre du journaliste Ahmet Altan pour insulte contre le Premier ministre Erdogan va restreindre à l'avenir la liberté de parole en Turquie", a regretté l'OSCE, basée à Vienne, dans un communiqué.

Les responsables politiques "ne doivent pas seulement tolérer mais protéger le droit des citoyens de les critiquer. C'est le seul moyen pour assurer qu'un débat pluraliste sur tous les sujets d'importance publique puisse voir le jour dans le pays", a martelé la Bosnienne Dunja Mijatovic, représentante pour la liberté des médias à l'OSCE.

La justice turque a condamné le 18 juillet l'éditorialiste à onze mois et 20 jours de prison, peine commuée en une amende de 7.000 livres turques (environ 2.800 euros) pour un article paru en janvier 2012 dans le quotidien libéral Taraf.

Alors directeur de la rédaction, il avait critiqué l'attitude du chef du gouvernement islamo-conservateur, Recep Tayyip Erdogan, après le bombardement en décembre 2011 du village d'Uludere (sud-est), qui avait coûté la vie à 34 habitants kurdes.

"Cet Etat que tu crois diriger bombarde ton peuple, sous tes ordres (...) Tu ne t'excuses même pas", avait alors interpellé M. Altan, accusant M. Erdogan de ne pas avoir "nettoyé" l'Etat turc du poison de la raison d'Etat et d'avoir succombé lui-même à ce poison, dont les premiers symptômes sont "les menaces, les mensonges, les détournements et les calomnies".

Au pouvoir depuis plus de dix ans, M. Erdogan a régulièrement recours à la justice contre les journalistes le critiquant.

Des centaines de milliers de Turcs ont manifesté durant des semaines en juin, lui reprochant son autoritarisme et une volonté d'islamiser la société turque.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.