
Jeudi 7 août 2014 à 18h24
BAGDAD, 7 août 2014 (AFP) — Rappel des principaux développements depuis le début de l'offensive lancée le 9 juin par des insurgés sunnites menés par des jihadistes ultra-radicaux, qui se sont emparés de larges pans de territoires dans le Nord et l'Ouest de l'Irak.
--JUIN 2014--
- 10: Des centaines d'insurgés sunnites, appartenant notamment à l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), s'emparent de la 2e ville du pays, Mossoul, et d'une grande partie de sa province, Ninive (nord). Ils prennent le contrôle de plusieurs secteurs dans deux provinces proches, Kirkouk et Salaheddine. A de nombreux endroits, les forces de sécurité abandonnent leurs positions.
L'EIIL, qui bénéficie du soutien d'ex-officiers de Saddam Hussein, de groupes salafistes et de certaines tribus, contrôlait déjà depuis janvier Fallouja et plusieurs autres secteurs de la province occidentale d'Anbar, voisine de Ninive.
- 11: Les insurgés s'emparent de Tikrit, ancien fief de Saddam Hussein et chef-lieu de la province de Salaheddine (nord).
- 12: Les forces kurdes prennent le contrôle de la ville pétrolière de Kirkouk, afin de la protéger d'un possible assaut des insurgés.
- 15: Al-Adhim, dans la province de Diyala (est), tombe aux mains des jihadistes.
- 19: L'armée affirme avoir repris le contrôle de la principale raffinerie à Baïji (200 km au nord de Bagdad).
Washington, qui avait déjà annoncé le déploiement d'un porte-avions dans le Golfe, promet l'envoi de conseillers militaires pour soutenir les forces irakiennes mais exclut dans l'immédiat des frappes aériennes.
- 20: Le plus influent dignitaire chiite d'Irak, le grand ayatollah Ali Al-Sistani, appelle à chasser les insurgés et à la formation "d'un gouvernement efficace" qui "évite les erreurs du passé", critique implicite contre le Premier ministre Nouri al-Maliki. Celui-ci, un chiite, est accusé d'avoir mené une politique confessionnelle qui a marginalisé la minorité sunnite et préparé le terrain à l'offensive jihadiste.
- 23: Les insurgés s'emparent de Tal Afar (province de Ninive) et de son aéroport.
- 29: L'EIIL proclame l'établissement d'un califat sur les territoires conquis en Irak et en Syrie, avant d'annoncer qu'il change le nom du groupe en "Etat islamique" (EI). Il déclare Abou Bakr Al-Baghdadi "calife" et donc "chef des musulmans partout" dans le monde.
--JUILLET--
- 3: Le président du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, demande au Parlement de la région autonome d'organiser un référendum d'indépendance.
- 5: Abou Bakr Al-Baghdadi apparaît pour la première fois dans une vidéo postée sur des sites jihadistes, appelant tous les musulmans à lui "obéir".
- 9: Nouri al-Maliki déclare "qu'Erbil (la capitale du Kurdistan) est devenue un QG pour l'EI". Les autorités kurdes lui demandent de quitter le pouvoir, le qualifiant d'"hystérique".
- 18: Les chrétiens de Mossoul fuient en masse après un ultimatum des jihadistes de l'EI.
--AOUT--
- 2-3: L'EI s'empare de plusieurs villes tenues par les Kurdes, dont Sinjar et Zoumar, à proximité de la frontière syrienne, infligeant un sérieux revers aux peshmergas. Des dizaines de milliers de civils, dont beaucoup issus de la minorité yazidie, fuient, en direction notamment des montagnes voisines inhospitalières.
- 4: Nouri al-Maliki ordonne aux forces aériennes d'apporter leur soutien aux peshmergas kurdes. Selon Bagdad, l'aviation mène un raid contre un bâtiment utilisé comme une cour islamique par les jihadistes à Mossoul.
- 6: Des combattants kurdes d'Irak, de Syrie et de Turquie décident d'unir leurs forces contre l'avancée de l'EI.
- 7: Des jihadistes s'emparent de Qaraqosh, plus grande ville chrétienne d'Irak, poussant des dizaines de milliers de personnes à fuir. La France demande une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU.
Les peshmergas assurent avoir repoussé une attaque jihadiste contre le barrage de Mossoul.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.