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L'Iran rouvre sa frontière avec le Kurdistan irakien


Lundi 8 octobre 2007 à 10h00

BASHMAKH (Frontière irako-iranienne), 8 oct 2007 ( — Au terme d'un accord négocié entre l'Iran et le Kurdistan irakien, Téhéran a rouvert lundi temporairement sa frontière avec cette partie nord de l'Irak, fermée le 24 septembre en représailles à la capture d'un Iranien par les forces américaines.

Le poste-frontière de Bashmakh a été rouvert vers 09H00 locales (6H00 GMT), et des dizaines de camions, ont franchi la frontière dans les deux sens, selon un correspondant de l'AFP sur place.

Les quatre autres postes-frontières disséminés le long des 120 km de frontière entre le Kurdistan irakien et l'Iran ont également rouvert dans la matinée.

La fermeture de cette frontière avait été imposée par Téhéran après l'arrestation le 20 septembre à Souleimaniyeh (nord) d'un Iranien accusé par les militaires américains d'implication dans la contrebande d'armes aux rebelles irakiens.

L'Iran a assuré que cet homme était responsable du développement des échanges commerciaux régionaux et qu'il faisait partie d'une délégation de la province de Kermanshah, dans l'ouest de l'Iran, frontalière du nord de l'Irak.

La décision iranienne était décrite comme très pénalisante en terme commercial par les autorités kurdes locales, qui évoquaient une perte quotidienne d'un million de dollars pour la région.

La réouverture des cinq postes-frontières a été obtenue après la signature en fin de semaine d'un accord entre le gouvernement autonome kurde et l'Iran.

"Il n'y a pas eu de demande de contre-partie des Iraniens car cette réouverture était aussi dans leur intérêt", a affirmé Jamal Abdallah, le porte-parole du gouvernement kurde.

L'accord prévoit une ouverture temporaire de la frontière pour 18 jours, selon un autre responsbale kurde, Nadhem Omar.

Pendant cette période, les deux parties prépareront un "mécanisme conjoint" pour arriver à une ouverture définitive.

"L'accord prévoit également l'ouverture de deux consulats iraniens à Souleimaniyeh et à Erbil, ainsi que la mise en activité de deux consulats irakiens à Kermanshah et Urmia", a expliqué M. Omar sans autre précisions.

Les deux parties "se sont engagées à ce que leur territoire ne soit pas utilisé par des groupes armés ou pour des activités armées hostiles", selon l'accord cité.

Un des principaux points de contentieux entre l'Iran et le Kurdistan est la présence dans le nord de l'Irak de rebelles kurdes du groupe Pejak (PJAK), qui tentent de mener des opérations dans la province iranienne d'Azerbaïdjan occidental.

L'artillerie iranienne a bombardé à plusieurs reprises ces dernières semaines les positions de ces rebelles.

Enfin, "le Kurdistan irakien fera tous les efforts pour obtenir la libération de l'Iranien interpellé le 20 septembre par les troupes américaines", a ajouté le représentant kurde.

Selon l'armée américaine, cet individu est un officier de la force al-Qods, unité d'élite des Gardiens de la révolution iraniens. Il serait "impliqué dans le transfert en Irak d'engins explosifs et dans l'infiltration et l'entraînement de terroristes étrangers en Irak".

Washington accuse régulièrement Téhéran de soutenir les milices chiites qui combattent l'armée américaine, en leur fournissant des engins piégés capables de percer les blindages. L'Iran a toujours rejeté ces accusations.

Les forces américaines détiennent toujours cinq Iraniens appréhendés en janvier à Erbil et accusés d'aider les insurgés. Téhéran affirme qu'il s'agit de diplomates travaillant dans un "consulat" qui a depuis lors fermé ses portes.

Nouvel signe de cette tension, le général David Petraeus, le plus haut gradé américain en Irak, a accusé dimanche l'ambassadeur d'Iran à Bagdad, Hassan Kazemi Qomi, d'être membre de la force al-Qods.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.