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L'armée turque insiste pour une incursion en Irak contre les bases du PKK


Mercredi 27 juin 2007 à 12h06

ANKARA, 27 juin 2007 (AFP) — L'armée turque insiste pour mener une opération transfrontalière contre les rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) établis dans les montagnes du nord de l'Irak, mais a besoin d'un feu-vert du gouvernement, a déclaré mercredi son chef.

"Nous avions dit (le 12 avril) qu'une opération transfrontalière serait utile. Nous répétons mot pour mot cette opinion", a dit le général commandant l'état-major, Yasar Büyükanit, lors d'une conférence de presse à Egirdir (sud-ouest), dans une brigade d'entraînement de commandos.

"Cela serait très utile (...) je ne peux pas dire que nous en finirons avec le PKK mais une incursion portera un grand coup" contre cette organisation considéré comme terroriste par la Turquie et de nombreux pays de la communauté internationale, a précisé le général dont les propos ont été retransmis par les chaînes de télévision.

Les Etats-Unis, alliés des Kurdes d'Irak, sont opposés à une incursion turque.

Le général Büyükanit a souligné qu'une "directive" politique du gouvernement était indispensable pour ce faire. "Pour lancer une opération militaire nous avons besoin d'un objectif politique", a-t-il dit, ajoutant que les factions kurdes d'Irak qui tolèrent, voire soutiennent le PKK sur leur territoire, selon Ankara, pourraient devenir des cibles lors d'une telle incursion.

"Irons-nous en Irak du nord pour combattre seulement les terroristes (du PKK) ou, par exemple, que ferons nous si nous sommes attaqués par les groupes kurdes irakiens?", s'est-il interrogé.

Le général a aussi une nouvelle fois accusé "certains alliés" de la Turquie, sans les nommer mais dans une allusion à des pays européens, de soutenir "directement ou indirectement" le PKK.

"Sans un appui extérieur, une organisation terroriste n'a pas de chance de survie", a-t-il affirmé.

L'armée turque demande depuis avril une autorisation politique pour lancer une opération transfrontalière afin de neutraliser les camps du PKK dans le nord de l'Irak.

Le gouvernement semble privilégier la diplomatie auprès de l'administration de Bagdad et de Washington à l'approche des élections législatives prévues le 22 juillet.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a récemment déclaré qu'il fallait privilégier la lutte contre le PKK en Turquie, sans cependant totalement exclure une opération au delà de la frontière.

Le commandant de l'armée de terre, le général Ilker Basbug, qui était aux côtés du général Büyükanit devant les journalistes, a estimé entre 2.800 et 3.100 le nombre de rebelles établis dans le nord de de l'Irak.

64 soldats ont été tués dans des actions attribuées au PKK depuis le début de l'année, selon ce général.

Il a également ajouté que l'armée allait d'ici fin 2009 transformer ses six brigades de commandos, particulièrement actives dans la lutte contre le PKK, en unité composées uniquement de soldats de métier.

Les généraux ont récemment été accusés par une partie de la presse de ne pas être assez vigilants contre le PKK et d'envoyer des conscrits peu entraînés dans des zones de combats.

Dans les années 1990, les Turcs sont entrés à une vingtaine de reprises dans le nord de l'Irak avec des dizaines de milliers d'hommes.

Mais depuis l'invasion américaine en 2003, l'armée turque n'a fait que de courtes incursions en Irak pour traquer des rebelles kurdes. Elle dispose d'un contingent d'environ 1.500 soldats à quelques km de profondeur en territoire irakien pour empêcher les infiltrations de rebelles.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.