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L'Iran exécute un homme condamné pour participation à un meurtre lors de manifestations


Dimanche 3 mai 2026 à 15h09

Téhéran, 3 mai 2026 (AFP) — Un homme condamné pour participation à un meurtre commis au cours des manifestations qui avaient secoué l'Iran en 2022-2023 a été exécuté dimanche, ont annoncé le pouvoir judiciaire iranien et la télévision d'Etat.

"La condamnation à mort de Mehrab Abdollahzadeh a été mise en oeuvre ce matin après l'accomplissement des procédures légales", a annoncé le site internet du pouvoir judiciaire, Mizan Online.

Selon le site, qui ne précise pas la date des faits, Mehrab Abdollahzadeh avait été arrêté, avec d'autres personnes, sur les lieux d'une manifestation à Ourmia (nord-ouest), où un agriculteur avait été mortellement "frappé par des émeutiers".

Ce dernier assistait à la manifestation "en tant que volontaire chargé d'assurer la sécurité de la population", selon Mizan.

La télévision d'Etat a précisé que l'homme exécuté avait été mis en cause dans le cadre des manifestations de 2022-2023, déclenchées par la mort en détention en septembre 2022 de Mahsa Amini, arrêtée à Téhéran pour avoir prétendument enfreint le code vestimentaire.

Il a été condamné à mort pour "corruption sur terre", l'un des plus graves chefs d'accusation en Iran. Deux autres mis en cause, mineurs, ont été condamnés à des peines de prison.

Les manifestations qui ont suivi la mort de la jeune Kurde ont ébranlé l'Iran, faisant des centaines de morts, dont des dizaines de membres des forces de sécurité, et débouché sur l'arrestation de milliers de manifestants. Les autorités iraniennes les avaient qualifiées d'"émeutes fomentées par l'étranger".

Les arrestations et exécutions, notamment liées aux nouvelles manifestations qui ont secoué le pays l'hiver dernier, se multiplient en Iran depuis le début du conflit régional déclenché par une attaque américano-israélienne le 28 février.

Selon des organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, l'Iran est le pays qui recourt le plus à la peine capitale après la Chine.

Selon les autorités iraniennes, la dernière vague de manifestations, qui a culminé en janvier, avait commencé pacifiquement avant de dégénérer en "émeutes fomentées par l'étranger".

Le pouvoir a reconnu plus de 3.000 morts dans ces manifestations, mais impute les violences à des "actes terroristes" orchestrés par les Etats-Unis et Israël.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.