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L'Iran doit cesser d'être une "puissance déstabilisatrice", dit le chef de la diplomatie française


Vendredi 6 février 2026 à 19h19

Beyrouth (Liban), 6 fév 2026 (AFP) — Le chef de la diplomatie française a appelé vendredi, depuis Beyrouth, l'Iran à cesser d'être une "puissance déstabilisatrice" dans la région et souligné la nécessité de donner à l'armée libanaise les moyens de désarmer le Hezbollah soutenu par Téhéran.

Au moment où l'Iran et les Etats-Unis ont tenu vendredi une première session de pourparlers au sultanat d'Oman, Jean-Noël Barrot a estimé que Téhéran devait se résoudre à faire des "concessions majeures".

L'Iran doit renoncer "à être une puissance déstabilisatrice", a-t-il exhorté lors d'une conférence de presse, citant son programme nucléaire et son soutien aux groupes "terroristes".

Il a appelé "les groupes soutenus par l'Iran" à exercer "la plus grande retenue" en cas d'escalade militaire entre Washington et Téhéran.

Le Hezbollah avait dit qu'il ne resterait pas neutre en cas d'attaque contre l'Iran, après des menaces du président américain Donald Trump d'intervention militaire contre la République islamique.

Sans le nommer, M. Barrot a affirmé que "certains acteurs continuent de rejeter les décisions prises par les autorités légitimes", estimant que "leur fuite en avant suicidaire expose le pays aux destructions et à la désolation" et les appelant "à la raison".

Le Hezbollah libanais, qui sort affaibli d'une guerre avec Israël en 2024, est soumis à une intense pression pour désarmer.

- "L'après-Finul" -

Jean-Noël Barrot a déclaré à l'AFP qu'il fallait "donner aux forces armées libanaises les moyens de poursuivre le travail de désarmement du Hezbollah".

"La vision de la France au Liban, c'est celle d'un Etat fort, souverain, disposant du monopole des armes (...)", a-t-il ajouté.

Conformément à l'accord de cessez-le-feu de novembre 2024, l'armée libanaise a annoncé début janvier avoir achevé la première phase de son plan de désarmement du Hezbollah, qui couvre la région entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.

"Le gouvernement libanais a pris ses responsabilités (...) en menant jusqu'à son terme la première phase de ce plan de désarmement", a souligné Jean-Noël Barrot à l'AFP.

Il a indiqué que la deuxième phase devait être présentée "dans les prochains jours". Celle-ci concerne le secteur entre le Litani et le fleuve Awali, à une quarantaine de kilomètres au sud de Beyrouth. Le Hezbollah affirme refuser de remettre ses armes au nord du Litani.

Le chef de la diplomatie française, qui a rencontré les principaux responsables libanais, a indiqué avoir évoqué la conférence de soutien à l'armée libanaise que Paris doit accueillir le 5 mars.

"La France sera au rendez-vous pour mobiliser la communauté internationale", a-t-il promis lors de sa conférence de presse, ajoutant que Paris souhaite "obtenir des engagements concrets".

Il a révélé qu'une réunion doit se tenir dans les prochains jours dans la région "avec les principaux partenaires et amis du Liban dans la région" pour préparer cette conférence.

Jean-Noël Barrot a par ailleurs indiqué que l'armée devrait se "substituer le moment venu du retrait de la Finul à ces forces (...)", dont 700 militaires français, qui font tampon entre Israël et le Liban depuis 1978.

- Reconstruction -

Le Conseil de sécurité de l'ONU avait prolongé en août une dernière fois le mandat de la force de maintien de la paix dans le sud du Liban (Finul) dont le retrait est programmé en 2027 sous pression des Etats-Unis et d'Israël qui veulent son départ.

"Il nous faut maintenant préparer l'après-Finul puisque le repli de cette force des Casques bleus commencera à la fin 2026 et s'étendra jusqu'à la fin 2027", a-t-il souligné à l'AFP.

Evoquant la reconstruction du pays, il a noté que "le préalable à l'afflux des financements internationaux, c'est la réforme du système bancaire", saluant "le courage" du gouvernement et ses efforts en ce sens.

Le chef de la diplomatie française est arrivé à Beyrouth en provenance d'Erbil, dans le nord de l'Irak, où il a notamment rencontré le chef kurde syrien Mazloum Abdi.

Sa tournée l'a également conduit à Bagdad et Damas, où il a assuré vendredi que la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique restait une "priorité absolue".

dt-at/vl

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.