
Lundi 16 mars 2026 à 13h55
Bagdad, 16 mars 2026 (AFP) — L'Irak, ultra-dépendant de sa manne pétrolière, cherche à relancer via la Turquie une fraction de ses exportations pétrolières, actuellement à l'arrêt à cause de la guerre au Moyen-Orient.
L'objectif est d'acheminer jusqu'à 250.000 barils de pétrole par jour (bpj) via la Turquie. Il s'agit d'une fraction des quelque 3,5 millions bpj qu'exportait avant le conflit ce membre fondateur de l'Opep.
Avant la guerre, l'Irak expédiait son pétrole depuis ses infrastructures portuaires de Bassora dans l'extrême sud du pays, unique accès sur la mer du Golfe et le reste du monde via le stratégique détroit d'Ormuz.
Mais l'Iran a quasiment paralysé la circulation dans cette voie maritime, en représailles à l'attaque israélo-américaine lancée le 28 février.
Les exportations pétrolières "ont été stoppées deux ou trois jours après le début de la guerre", a précisé le ministre du Pétrole, Hayan Abdel Ghani, dans une vidéo postée tard dimanche sur les réseaux sociaux.
Les alternatives sont limitées. Les autorités irakiennes réhabilitent un vieil oléoduc à l'arrêt depuis de longues années, reliant les champs pétroliers de Kirkouk (nord) au port turc de Ceyhan.
Sur cet oléoduc, "tous les travaux de réhabilitation sont terminés, mais il y a une portion, sur 100 kilomètres, qui a besoin d'être examinée", a indiqué le ministre.
Il a dit espèrer que tous les tests nécessaires seront menés "d'ici une semaine", pour que puissent démarrer les exportations des 250.000 bpj.
L'oléoduc avait été endommagé par les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) en 2014.
Son usage nécessite toutefois "des contacts avec la partie turque et un accord sur des questions logistiques et techniques", nuance l'expert pétrolier Assem Jihad.
Initialement Bagdad souhaitait effectuer ces exportations jusqu'à Ceyhan via un autre oléoduc passant par le Kurdistan autonome d'Irak.
Mais "jusqu'à maintenant aucun accord n'a été trouvé", a admis le ministre, les relations entre Bagdad et les autorités kurdes s'étant dégradées ces derniers jours.
L'Irak étudie aussi un possible acheminement de 200.000 bpj par jour par camions-citernes via la Jordanie et la Syrie notamment.
Des experts mettent en garde contre les difficultés financières pesant sur le pays de plus de 46 millions d'habitants, qui tire plus de 90% de ses revenus du pétrole.
Sans cet argent, l'Etat, premier employeur du pays, ne pourra pas payer les salaires des fonctionnaires, et risque une pénurie de devises étrangères.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.