
Mercredi 18 mars 2026 à 17h36
Bagdad, 18 mars 2026 (AFP) — Les centrales électriques en Irak sont privées mercredi de leur crucial approvisionnement en gaz iranien, qui s'est "totalement interrompu" sur fond de guerre au Moyen-Orient, Téhéran ayant rapporté une frappe sur des infrastructures gazières.
L'annonce du ministère de l'Electricité irakien illustre les répercussions économiques du conflit, déclenché par l'offensive lancée le 28 février par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran.
Avant cette nouvelle crise, Bagdad aura à peine eu le temps de se réjouir de la reprise, mercredi matin, d'une fraction de ses exportations pétrolières: totalisant d'ordinaire 3,5 millions de barils de pétrole par jour (bpj), elles étaient jusqu'à présent à l'arrêt à cause du blocage du détroit d'Ormuz, qui a contraint les autorités irakiennes à chercher des routes alternatives.
Mercredi après-midi, le ministère de l'Electricité a annoncé que "les livraisons de gaz iranien ont été totalement interrompues", citant sans détailler "les développements dans la région".
Téhéran avait plus tôt dénoncé une frappe israélo-américaine sur ses installations sur un important site gazier du Golfe, le South Pars/North Dome, partagé avec le Qatar.
La suspension du gaz iranien prive le réseau électrique irakien de 3.100 mégawatts, a expliqué le porte-parole du ministère, Ahmad Moussa, cité par l'agence de presse étatique INA.
Il pronostique "des répercussions" sur l'approvisionnement électrique, mais assure que son ministère va compenser cette pénurie de gaz avec "du carburant alternatif".
- Explosions à Erbil -
Dans un pays aux infrastructures en déliquescence, miné par une corruption endémique et des politiques publiques défaillantes, les Irakiens sont habitués aux délestages quotidiens de l'électricité publique.
L'Irak s'approvisionne en électricité et en gaz chez son voisin iranien, couvrant un tiers de ses besoins énergétiques.
Le pays aux immenses richesses en hydrocarbures ambitionne de se passer totalement de ce gaz iranien, en exploitant le gaz qui se dégage des torchères, lors de l'extraction de son pétrole.
Mais actuellement, toujours en raison du conflit, plusieurs champs pétroliers sont à l'arrêt.
L'Irak a toutefois réussi mercredi à relancer une fraction de ses exportations pétrolières: 250.000 bpj vont être acheminés jusqu'au port turc de Ceyhan, grâce à un oléoduc traversant le Kurdistan autonome (nord).
Cette relance, "après une période d'interruption qui a représenté un grand défi pour le secteur pétrolier", s'est faite grâce à un "accord entre le gouvernement fédéral et le gouvernement de la région du Kurdistan", précise un communiqué officiel.
Mais l'impact de la guerre régionale n'est pas seulement économique en Irak.
Des groupes irakiens pro-iraniens revendiquent quotidiennement des attaques contre des militaires américains ou des sites pétroliers, tandis que ces mêmes factions armées sont visées par des frappes imputées à Washington ou Israël.
Trois combattants du Hachd al-Chaabi, alliance d'anciens paramilitaires irakiens --englobant aussi des groupes armés pro-iraniens-- ont été tués mercredi dans une frappe sur l'ouest, d'après un communiqué de cette coalition.
Dans le nord, des journalistes de l'AFP ont plus tôt dans la journée entendu plusieurs explosions à Erbil, capitale du Kurdistan autonome. Les défenses anti-aériennes ont été activées pour abattre des projectiles, mais il n'était pas clair dans l'immédiat quelle était la cible de cette nouvelle attaque.
Erbil abrite un consulat américain et dans son aéroport international stationnent des troupes de la coalition internationale antijihadiste emmenée par Washington.
Dans un communiqué, les Peshmerga, les forces armées de la région autonome, ont aussi fait état "d'attaques de drones" visant deux quartiers généraux dans la province d'Erbil et à Souleimaniyeh, deuxième grande ville du Kurdistan. Trois soldats ont été blessés.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.