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L'Irak dénonce les frappes contre l'Iran, au moins deux morts dans une attaque sur son sol


Dimanche 1 mars 2026 à 00h19

Bagdad, 28 fév 2026 (AFP) — L'Irak a dénoncé les frappes américano-israéliennes contre l'Iran voisin et mis en garde contre toute tentative de l'impliquer dans le conflit, après la mort de deux personnes dans des frappes visant des combattants pro-iraniens dans le sud du pays.

L'Irak "condamne l'agression injustifiée" contre l'Iran, a déclaré Sabah Al-Numan, porte-parole militaire du Premier ministre, mettant en garde contre toute utilisation de l'espace aérien et du territoire irakiens pour "une agression contre l'Iran".

Des avions militaires et des missiles ont été aperçus samedi traversant l'espace aérien du pays, ont déclaré des témoins et une source militaire à l'AFP.

Citant une "source haut placée", l'agence de presse irakienne INA a affirmé que les Etats-Unis avaient fait savoir à Bagdad qu'ils souhaitaient maintenir l'Irak hors du conflit.

En soirée, plusieurs centaines de personnes ont protesté près de l'ambassade des Etats-Unis à Bagdad contre l'attaque américano-israélienne, ont constaté des journalistes de l'AFP.

- "Agression" -

Deux séries de frappes, dont la première a tué deux combattants, ont touché une base militaire irakienne abritant le puissant groupe armé pro-iranien Kataëb Hezbollah.

Cette base de Jurf al-Sakher - également connue sous le nom de Jurf al-Nasr - appartient à Hachd al-Chaabi, un réseau d'anciens paramilitaires intégrés aux troupes régulières.

"Il y a deux martyrs de Kataëb", a précisé une source proche de ce groupe.

Bien que les autorités irakiennes n'aient mis en cause aucun camp, Kataëb Hezbollah a annoncé après les premières frappes des attaques imminentes contre des bases des Etats-Unis "en réponse à leur agression".

Peu après, selon les forces de sécurité kurdes, des forces de la coalition antijihadiste dirigée par les Etats-Unis ont abattu plusieurs missiles et drones au-dessus d'Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan, dans le nord.

Des explosions ont été entendues près du consulat américain de cette ville, selon des journalistes de l'AFP.

Tard samedi, la cellule média du gouvernement irakien a affirmé que la défense aérienne avait abattu neuf drones au-dessus d'une base et d'autres positions militaires dans le sud du pays. Mais le motif de ces attaques restait inconnu.

L'ambassade des Etats-Unis en Irak a appelé ses ressortissants à limiter leurs déplacements et à se tenir prêts à s'abriter.

La Résistance islamique en Irak, dont fait partie Kataëb Hezbollah, a affirmé samedi avoir lancé des dizaines de drones contre "les bases ennemies en Irak et dans la région", sans fournir plus de détails.

D'autres groupes se sont également joints à l'appel à soutenir la République islamique.

- Gaz -

Les autorités du Kurdistan ont annoncé, au vu "des événements en cours", la suspension des exportations de gaz du champ de Khor Mor, qui fournit la plupart des centrales électriques du Kurdistan et est exploité par la société émiratie Dana Gas.

La mesure devrait entraîner une baisse de la production d'électricité pouvant atteindre 3.000 mégawatts.

Le complexe a été frappé à plusieurs reprises ces dernières années lors d'attaques imputées à des groupes irakiens pro-iraniens.

Sanctionnées par Washington, les factions irakiennes soutenues par Téhéran n'étaient pas intervenues dans la guerre déclenchée par Israël en juin 2025 contre l'Iran.

Au début de la guerre à Gaza, ces groupes ont mené des attaques contre les troupes américaines dans la région, et ciblé plusieurs fois Israël, avant de mettre fin à ces opérations sous la pression croissante des Etats-Unis et de l'opinion irakienne.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.