
Samedi 28 février 2026 à 20h09
Bagdad, 28 fév 2026 (AFP) — L'Irak a dénoncé les frappes américano-israéliennes contre l'Iran voisin et mis en garde contre toute tentative de l'impliquer dans le conflit, après la mort de deux personnes dans des frappes visant des combattants pro-iraniens dans le sud du pays.
L'Irak "condamne l'agression injustifiée" contre l'Iran, a déclaré Sabah Al-Numan, porte-parole militaire du Premier ministre, mettant en garde contre toute utilisation de l'espace aérien et du territoire irakiens pour "une agression contre l'Iran".
Des avions militaires et des missiles ont été aperçus samedi traversant l'espace aérien du pays, ont déclaré des témoins et une source militaire à l'AFP.
Citant une "source haut placée", l'agence de presse irakienne INA a affirmé que les Etats-Unis avaient fait savoir à Bagdad qu'ils souhaitaient maintenir l'Irak hors du conflit.
En soirée, plusieurs centaines de personnes ont protesté près de l'ambassade des États-Unis à Bagdad contre les frappes américano-israéliennes, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Deux séries de frappes, dont la première a tué deux combattants, ont touché une base militaire irakienne abritant le puissant groupe armé pro-iranien Kataëb Hezbollah.
Cette base de Jurf al-Sakher - également connue sous le nom de Jurf al-Nasr - appartient à Hachd al-Chaabi, un réseau d'anciens paramilitaires intégrés aux troupes régulières.
"Il y a deux martyrs de Kataëb et cinq autres blessés", a précisé une source proche de ce groupe.
Une cellule média gouvernementale a aussi recensé deux morts et trois blessés dans "plusieurs frappes" dans la région de Jurf al-Nasr.
"Il n'est pas clair dans l'immédiat si l'attaque a été menée par les Américains ou les Israéliens", a indiqué une source du réseau Hachd al-Chaabi à l'AFP.
Le Kataëb Hezbollah a lui annoncé après les premières frappes des attaques imminentes contre des bases des Etats-Unis "en réponse à leur agression".
Peu après, selon les forces de sécurité kurdes, des forces de la coalition antijihadiste dirigée par les États-Unis ont abattu plusieurs missiles et drones au-dessus d'Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan, dans le nord.
Des explosions ont été entendues près du consulat américain de cette ville, selon des journalistes de l'AFP.
L'ambassade des Etats-Unis en Irak a appelé ses ressortissants à limiter leurs déplacements et à se tenir prêts à s'abriter.
Les autorités du Kurdistan ont annoncé, au vu "des événements en cours", la suspension des exportations de gaz du champ de Khor Mor, qui fournit la plupart des centrales électriques du Kurdistan et est exploité par la société émiratie Dana Gas.
La mesure devrait entraîner une baisse de la production d'électricité pouvant atteindre 3.000 mégawatts.
Le complexe a été frappé à plusieurs reprises ces dernières années lors d'attaques imputées à des groupes irakiens pro-iraniens.
Sanctionnées par Washington, les factions irakiennes soutenues par Téhéran n'étaient pas intervenues dans la guerre déclenchée par Israël en juin 2025 contre l'Iran.
Au début de la guerre à Gaza, ces groupes ont mené des attaques contre les troupes américaines dans la région, et ciblé plusieurs fois Israël, avant de mettre fin à ces opérations sous la pression croissante des États-Unis et de l'opinion irakienne.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.