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L'Irak dénonce les frappes contre l'Iran, au moins deux morts dans une attaque sur son sol


Samedi 28 février 2026 à 14h38

Bagdad, 28 fév 2026 (AFP) — L'Irak a dénoncé les frappes américano-israéliennes contre l'Iran voisin et mis en garde contre toute tentative de l'impliquer dans le conflit, après la mort de deux personnes dans des frappes visant des combattants pro-iraniens dans le sud du pays.

L'Irak "condamne l'agression injustifiée contre la République islamique", a déclaré Sabah Al-Numan, porte-parole militaire du Premier ministre, mettant en garde contre l'utilisation, refusée par Bagdad, de l'espace aérien et du territoire irakiens "comme couloir ou point de lancement pour une agression contre l'Iran".

Les autorités avaient plus tôt annoncé la mort de deux personnes dans un bombardement visant une base militaire irakienne abritant principalement le puissant groupe armé Kataëb Hezbollah soutenu par l'Iran.

Cette base de Jurf al-Sakher - également connue sous le nom de Jurf al-Nasr - appartient à Hachd al-Chaabi, un réseau d'anciens paramilitaires aujourd'hui intégrés aux troupes régulières.

"Il y a deux martyrs de Kataëb et cinq autres blessés dans l'agression", a précisé une source proche de ce groupe.

Selon la cellule média gouvernementale chargée de la sécurité, "plusieurs frappes" ont visé la région de Jurf al-Nasr et "causé la mort de deux personnes", en blessé trois autres.

"Il n'est pas clair dans l'immédiat si l'attaque a été menée par les Américains ou les Israéliens", a indiqué une source du réseau Hachd al-Chaabi à l'AFP.

Le Kataëb Hezbollah a lui annoncé son intention de lancer des attaques imminentes contre des bases américaines "en réponse à leur agression".

Peu après, les forces de sécurité kurdes ont indiqué que des forces de la coalition dirigée par les États-Unis avaient abattu plusieurs missiles et drones au-dessus de la ville d'Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan, dans le nord.

Aucune victime ni dégât matériel n'a été signalé.

Plusieurs explosions ont été entendues près du consulat américain de cette ville, selon des journalistes de l'AFP.

Les ministères de l'Électricité et des Ressources naturelles du Kurdistan ont annoncé que au vu "des événements en cours" et "afin de protéger les employés du champ de Khor Mor, Dana Gas a suspendu les exportations de gaz naturel vers les centrales électriques" de la région.

La mesure devrait entraîner une baisse de la production d'électricité pouvant atteindre 3.000 mégawatts.

Le complexe de Khor Mor, qui fournit la plupart des centrales électriques du Kurdistan et est exploité par la société émiratie Dana Gas, a été frappé à plusieurs reprises ces dernières années lors d'attaques imputées à des groupes irakiens pro-iraniens.

Sanctionnées par Washington, les factions irakiennes soutenues par Téhéran n'étaient pas intervenues dans la guerre déclenchée par Israël en juin 2025 contre l'Iran.

Au début de la guerre à Gaza, ces groupes ont mené des attaques contre les troupes américaines dans la région, et ciblé plusieurs fois Israël, avant de mettre fin à ces opérations sous la pression croissante des États-Unis et de l'opinion irakienne.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.