
Jeudi 22 janvier 2026 à 11h21
Bagdad, 22 jan 2026 (AFP) — L'Irak a annoncé jeudi lancer des procédures judiciaires contre des prisonniers du groupe jihadiste Etat islamique (EI) transférés depuis la Syrie, dans le cadre d'une opération lancée par l'armée américaine visant au transfert de 7.000 détenus.
"La justice irakienne va lancer les procédures judiciaires appropriées contre les accusés qui sont recueillis et placés dans les institutions pénitentiaires idoines", a indiqué le Conseil judiciaire suprême dans un communiqué.
Mercredi, Washington avait annoncé avoir transféré 150 membres de l'EI détenus dans une prison de Hassaké, en Syrie, "vers un lieu sûr en Irak", et affirmé que jusqu'à 7.000 prisonniers pourraient être concernés.
Cette annonce est survenue alors que des affrontements entre l'armée syrienne et les forces kurdes, qui contrôlaient jusqu'ici les centres de détention de prisonniers de l'EI, font craindre des failles sécuritaires.
Les autorités irakiennes ont confirmé avoir reçu un premier groupe de 150 prisonniers, "des éléments terroristes irakiens et étrangers".
"Tous les suspects, qu'importe leur nationalité ou leur position au sein de l'organisation terroriste, sont soumis exclusivement à l'autorité de la justice irakienne et nos procédures judiciaires leur seront appliquées sans exception", a dit le Conseil judiciaire suprême irakien.
Mardi, les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, avaient annoncé avoir été "contraintes de se retirer" d'al-Hol, le plus grand des camps de détention de jihadistes, pour défendre leurs régions du nord-est menacées par l'armée.
Celle-ci est entrée mercredi dans le camp.
Al-Hol abrite quelque 24.000 personnes, dont 15.000 Syriens et environ 6.300 femmes et enfants étrangers de 42 nationalités. Parmi eux figurent des Français et d'autres Occidentaux, que leurs pays respectifs refusent de rapatrier.
Lors d'un entretien téléphonique mercredi, l'amiral Brad Cooper, commandant des forces américaines aux Moyen-Orient, a appelé le président syrien Ahmad al-Chareh à soutenir le transfert et l'a informé des détails de l'opération.
Il a souligné la nécessité que "les forces syriennes et toutes les autres forces évitent toute action qui pourrait interférer" avec l'opération, a rapporté le commandement américain.
Les tribunaux irakiens ont par le passé condamné à la peine de mort et à la prison à vie des centaines de personnes, dont de nombreux combattants étrangers, certains qui avaient été transférés de Syrie.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.