
Jeudi 2 avril 2026 à 22h15
Bagdad, 2 avr 2026 (AFP) — L'ambassade des Etats-Unis à Bagdad a averti jeudi, dans un communiqué diffusé sur X, que des groupes armés irakiens pro-iraniens pourraient mener des attaques dans le centre de la capitale au cours des deux prochains jours.
L'Irak a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient - déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre l'Iran - avec des frappes sur son territoire visant à la fois les intérêts américains et des factions armées pro-iraniennes.
"Des milices terroristes irakiennes alliées de l'Iran pourraient mener des attaques dans le centre de Bagdad dans les prochaines 24 à 48 heures", a déclaré l'ambassade, réitérant son appel aux Américains présents en Irak de quitter le pays immédiatement.
En réponse, le ministère irakien des Affaires étrangères a assuré que le pays "faisait tout son possible pour prévenir une escalade, renforcer les mesures de sécurité, protéger les missions diplomatiques, les intérêts étrangers et les citoyens, et maintenir la stabilité intérieure".
L'ambassade, située dans une zone ultra-sécurisée du centre de Bagdad, a été la cible d'attaques répétées depuis le début de la guerre.
La fréquence des attaques a toutefois diminué après que le puissant groupe pro-iranien Kataëb Hezbollah a annoncé une pause le 19 mars, prolongée deux fois. Mais à l'expiration mercredi soir du nouveau délai, le groupe n'a pas annoncé de nouvelle prolongation.
Jeudi, une attaque de drone a visé le centre diplomatique et logistique américain dans l'enceinte de l'aéroport international de Bagdad, ont indiqué à l'AFP deux sources de sécurité irakiennes.
Fin mars, Washington et Bagdad avaient indiqué qu'ils allaient "intensifier leur coopération", mais l'ambassade a regretté jeudi que le gouvernement irakien n'ait "pas empêché les attaques (...) sur ou depuis le territoire irakien".
"Des milices terroristes alliées de l'Iran peuvent se réclamer du gouvernement irakien", a-t-elle déploré.
L'ancienne alliance paramilitaire du Hachd al-Chaabi - également connue sous le nom de Forces de mobilisation populaire (FMP) - a intégré l'armée irakienne mais comprend des factions pro-iraniennes connues pour agir de manière indépendante.
L'ambassade des États-Unis a aussi averti que "des milices terroristes ont pris pour cible des Américains pour des enlèvements", deux jours après l'enlèvement à Bagdad d'une journaliste américaine, Shelly Kittleson.
Un suspect a été arrêté dans le cadre de cette affaire, et un responsable de la sécurité irakienne a indiqué à l'AFP qu'il était lié au Kataëb Hezbollah.
L'ambassade a repartagé la publication du compte du département d'État offrant jusqu'à trois millions de dollars pour toute information sur les attaques pro-iraniennes.
Les groupes pro-iraniens sont de leur côté la cible de frappes meurtrières, qu'ils imputent aux Etats-Unis et à Israël.
Le Pentagone a reconnu des frappes contre ces groupes depuis le début de la guerre.
Le Kurdistan irakien autonome, dans le nord, n'est pas épargné par la violence, visé, selon le gouverneur d'Erbil, Omed Khoshnaw, par plus de 500 attaques dans le cadre du conflit régional.
Les provinces d'Erbil et de Dohouk au Kurdistan ont été ciblées par au moins 30 drones au cours de la nuit, ont rapporté jeudi des sources sécuritaires à l'AFP. Aucun blessé n'a été signalé.
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Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.