
Mercredi 5 juin 2013 à 23h54
BAGDAD, 05 juin 2013 (AFP) — Le ministère irakien de l'Intérieur a exhorté les forces loyales au Kurdistan irakien à se retirer de plusieurs territoires disputés, menaçant une paix déjà fragile après un mois d'avril meurtrier.
"Le ministère de l'Intérieur appelle les frères chargés de la sécurité au Kurdistan de retirer les Peshmerga des régions de Souleïman Bek, de Touz Khourmatou et de la province de Kirkouk, puisque cette région est sous l'autorité du gouvernement fédéral", c'est-à-dire de Bagdad, dans un communiqué posté sur le site du ministère de l'Intérieur.
Après plusieurs jours d'affrontements entre les forces gouvernementales et des manifestants, l'armée irakienne a été obligée de se retirer de plusieurs villes-clés du Kurdistan. Un vide sécuritaire aussitôt investi en avril par les Peshmerga, combattants autonomistes kurdes en Irak, et que l'armée accuse de vouloir prendre le contrôle d'importants champs de pétrole.
Très riche en pétrole, la région de Kirkouk et sa capitale éponyme, ainsi que les régions aux alentours de Souleïman Bek et Touz Khourmatou, se trouvent sur une large bande de territoire du nord de l'Irak, que revendiquent tant la région autonome du Kurdistan irakien que le gouvernement fédéral. Pour les diplomates et les politiques, ces tensions comptent parmi des plus graves menaces à la stabilité du pays.
L'Irak, dont le gouvernement chiite est déjà aux prises avec des manifestations de la minorité sunnite, voit les tensions avec le Kurdistan raviver celles suscitées en avril, mois le plus meurtrier depuis 2008, avec plus de 215 morts en cinq jours de violence continue.
Bien que le mois de juin s'annonçait aussi agité dans le reste du pays, une frêle trêve semblait observée entre les forces gouvernementales et les Peshmerga dans les territoires disputés du Kurdistan.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.