Jeudi 11 janvier 2007 à 17h36
BAGDAD, 11 jan 2007 (AFP) — Le cousin de Saddam Hussein, Ali Hassan al-Majid, dit "Ali le chimique", accusé de génocide contre les Kurdes, s'est retrouvé jeudi au premier plan du procès en cours à Bagdad, prenant la chaise de l'ex-président et avouant avoir ordonné des milliers d'expulsions.
"Ali le chimique" s'est exprimé jeudi d'un ton calme et mesuré, qui tranche avec les explosions de colère dont son cousin était coutumier, avant qu'il ne soit pendu le 30 décembre 2006.
"Je suis responsable de ces expulsions, j'ai pris cette décision seul, sans en référer à la hiérarchie militaire ou aux responsables du parti Baas. Je le reconnais devant le tribunal et devant Dieu", a-t-il affirmé devant le Haut tribunal pénal irakien.
L'ancien responsable du nord de l'Irak, désigné par Saddam lui-même et qui doit son surnom à son goût pour les armes chimiques, a toutefois nié toute responsabilité dans la mort de 300 combattants kurdes évoqués jeudi par l'accusation.
"J'ai même écrit à Saddam le martyr, que Dieu ait son âme, qui les avait grâciés", a-t-il assuré au cours de la 35e audience du procès à Bagdad.
Pour la deuxième audience depuis la mort de Saddam Hussein, le tribunal avait disposé différemment les chaises dans le box des accusés, passés de sept à six.
"Ali le chimique" s'est ainsi retrouvé jeudi sur la chaise qu'occupait Saddam Hussein, au premier plan.
Lundi, le juge Mohammed al-Oreibi al-Khalifa avait officiellement annoncé l'abandon des poursuites contre Saddam Hussein, exécuté après avoir été condamné pour son rôle dans la mort de 148 villageois chiites dans les années 1980.
Ali et les cinq autres accusés, des anciens hauts responsables, risquent tous la peine de mort si leur responsabilité est prouvée dans les opérations militaires Anfal menées en 1987 et 1988 et au cours desquelles 180.000 personnes ont été tuées, dans des exécutions de masse ou des bombardements chimiques, selon l'accusation.
Pour leur défense, les accusés expliquent que les campagnes Anfal au Kurdistan (nord) constituaient un exemple classique de lutte anti-guérilla, dans le cadre de la guerre Iran-Irak (1980-1988).
L'audience a été suspendue jusqu'au 23 janvier.
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