Page Précédente

Jihadistes et leurs enfants en Syrie; des familles pressent Macron de les rapatrier


Samedi 19 octobre 2019 à 12h44

Paris, 19 oct 2019 (AFP) — Des familles de jihadistes français en Syrie ont écrit samedi au président Emmanuel Macron pour lui redemander de rapatrier au plus vite leurs proches retenus dans des camps kurdes menacés par l'offensive turque ou par un possible transfèrement en Irak.

Dans une lettre ouverte samedi, le "Collectif des familles unies" demande au président de la République "d'incarner cette France qui, selon vos propres termes, +est une Nation qui n'abandonne jamais ses enfants, quelles que soient les circonstances et fût-ce à l'autre bout du monde+, et de procéder au rapatriement en France de tous les enfants français innocents et de leurs parents, comme nous l'avons demandé à maintes et maintes reprises depuis près de deux ans".

Les familles mettent en avant les injonctions faites à la France vendredi par deux comités des Nations Unies de prendre des "mesures diplomatiques" pour protéger la vie de ses ressortissants, leur garantir un procès équitable, empêcher le transfèrement des enfants en Irak et les prémunir des traitements inhumains.

Les autorités françaises se refusent à ce jour à rapatrier ces ressortissants partis rejoindre des groupes jihadistes tels que l'organisation Etat islamique, après l'avoir un temps envisagé et préparé début 2019.

Environ 300 femmes et enfants français se trouvent aux mains des forces kurdes soumises depuis le 9 octobre à une offensive turque qui a déjà provoqué l'évasion de centaines de jihadistes, selon les autorités kurdes.

Ne pas rapatrier les jihadistes français retenus en Syrie "fait courir un risque de sécurité publique" en France, a mis en garde samedi le juge d'instruction David De Pas, coordonnateur du pôle antiterroriste au tribunal de Paris, dans un entretien à l'AFP.

Le ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian s'est déplacé en Irak jeudi et vendredi pour convaincre Bagdad d'accepter de juger sur son sol des jihadistes français après leur transfèrement de Syrie. L'hypothèse scandalise les familles qui dénoncent un pays "qui torture et condamne à mort en quelques minutes dans des simulacres de procès".

"Nos enfants sont tous judiciarisés en France et nulle part ailleurs" où ils seront incarcérés, rappellent les familles face aux craintes de l'opinion publique. "Nos petits-enfants eux, sont épuisés, malades, et profondément traumatisés", s'alarment-ils.

"Tous sont la proie des attaques turques et de l'armée syrienne. Et si l'armée de Bachar Al Assad parvient jusqu'aux camps où s'entassent nos familles, nos enfants et nos petits-enfants périront entre ses mains", mettent-ils en garde.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.