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Iran: le peuple, "sans défense", a besoin de la communauté internationale, selon le réalisateur Jafar Panahi


Mardi 13 janvier 2026 à 08h48

Paris (France), 13 jan 2026 (AFP) — La répression des manifestations en Iran frappe un peuple "sans défense" qui a besoin du soutien de la communauté internationale pour "en finir" avec le pouvoir en place, a affirmé mardi le réalisateur iranien Jafar Panahi, Palme d'or du dernier festival de Cannes.

"Le peuple iranien est sans défense aujourd'hui et malgré tout ça, il est dans les rues", a salué le cinéaste sur la radio France Inter, en dénonçant la brutalité de la répression qui a fait au moins 600 morts selon le bilan d'une organisation non gouvernementale.

"Quand un régime (...) utilise des armes de guerre face au peuple, c'est-à-dire pour faire un bain de sang, ce n'est pas juste pour faire en sorte que les gens rentrent chez eux, c'est pour ça que le peuple a besoin que la communauté internationale l'aide et le soutienne", a-t-il estimé.

"Tout silence aujourd'hui à n'importe quel endroit du monde doit un jour répondre face à l'Histoire", a proclamé le réalisateur, interrogé depuis Los Angeles.

"On est arrivé à un point culminant" selon le cinéaste, après les manifestations qui ont suivi la mort en septembre 2022 de la jeune Kurde Mahsa Amini, arrêtée par la police des moeurs pour avoir prétendûment enfreint le code vestimentaire imposé aux femmes, celles contre la hausse du prix de l'essence trois ans plus tôt ou celles ayant suivi la réélection contestée du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad en 2009.

"Tous ces mouvements et ces révoltes ont fait en sorte qu'on arrive à ce moment actuel. Et je pense que là il faut en finir", a-t-il jugé.

Un mouvement de contestation populaire secoue l'Iran depuis fin décembre. Déclenchée le 28 décembre à Téhéran par des commerçants contre le coût de la vie, la contestation s'est largement étendue aux régions les plus pauvres du pays, à l'ouest, et vise désormais le pouvoir dirigé par l'ayatollah Ali Khamenei.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.