
Samedi 7 mars 2026 à 21h58
Bagdad, 7 mars 2026 (AFP) — Des systèmes de défense aérienne ont intercepté samedi des roquettes tirées contre l'ambassade des Etats-Unis à Bagdad, ont indiqué des sources sécuritaires à l'AFP.
Il s'agit de la première attaque de ce genre contre l'ambassade à Bagdad depuis le début de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.
De fortes explosions ont été entendues en soirée par des journalistes de l'AFP dans la capitale irakienne, où un témoin près de la Zone verte abritant notamment l'ambassade américaine a rapporté avoir vu les défenses antiaériennes se déclencher.
"Quatre roquettes ont été tirées (...) en direction de l'ambassade", a déclaré un responsable de la sécurité, ajoutant que les défenses aériennes en avaient intercepté trois.
L'autre est tombée dans une zone dégagée de la base aérienne de l'ambassade, selon cette source.
Deux autres sources sécuritaires ont confirmé cette attaque, l'une d'elles affirmant que toutes les roquettes avaient été abattues, y compris celle tombée dans l'enceinte de la base aérienne.
Le Premier ministre irakien, Mohamed Chia al-Soudani, a ordonné aux forces de sécurité de trouver les auteurs de cet "acte terroriste".
"Cibler des missions diplomatiques et les ambassades opérant en Irak est un acte qui ne peut être justifié ou accepté qu'importe les circonstances", a-t-il déclaré.
L'Irak, qui a renoué avec une certaine stabilité ces dernières années, a longtemps été un terrain de confrontation par procuration entre les Etats-Unis et l'Iran.
Le pays a affirmé ne pas vouloir être entraîné dans la guerre qui embrase le Moyen-Orient, mais il n'a pas été épargné.
Dès le début, le 28 février, des frappes américano-israéliennes contre l'Iran, des groupes armés pro-iraniens ont revendiqué des attaques "contre des bases américaines en Irak et dans la région".
La région autonome du Kurdistan (nord), qui accueille des troupes américaines, a été la principale cible.
A Erbil, capitale de la région qui abrite un vaste complexe du consulat américain, un journaliste de l'AFP a indiqué samedi avoir entendu le bruit d'un drone, suivi d'au moins trois fortes détonations.
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont pour leur part affirmé avoir visé des "groupes séparatistes" dans cette région autnome, qui accueille des factions kurdes iraniennes d'opposition.
L'Iran a menacé vendredi de prendre pour cible "toutes les installations" du Kurdistan irakien si des combattants kurdes parvenaient à entrer sur son territoire.
Samedi, Bagdad a aussi été visée notamment par des attaques de drones contre l'aéroport international, qui abrite une base militaire et une mission diplomatique américaine, et contre des infrastructures pétrolières.
Plus au nord, une base militaire appartenant à l'ancienne coalition paramilitaire Hachd al-Chaabi incluant des groupes pro-iraniens près de Mossoul a été visée, selon des sources de cette formation.
Un combattant a été tué et trois blessés, selon les autorités.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.