
Jeudi 19 mars 2026 à 15h05
Bagdad, 19 mars 2026 (AFP) — Un influent groupe armé irakien pro-iranien, les Brigades du Hezbollah, s'est engagé jeudi, sous conditions, à ne pas cibler l'ambassade américaine à Bagdad pendant cinq jours, ce qui n'a pas empêché d'autres attaques dans ce pays qui n'échappe pas aux répercussions de la guerre au Moyen-Orient.
Depuis le 28 février et l'attaque israélo-américaine contre l'Iran, l'Irak a été aspiré dans un conflit qu'il voulait éviter à tout prix. Des groupes irakiens pro-iraniens revendiquent quotidiennement des attaques contre des militaires américains ou des sites pétroliers, tandis que ces factions armées sont visées par des frappes imputées à Washington ou Israël.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, aucun tir de drone ou de roquette n'a été recensé par l'AFP sur l'ambassade américaine de Bagdad.
Mais, jeudi après-midi, une explosion a retenti près de l'aéroport international d'Erbil, la capitale du Kurdistan autonome (nord), ont rapporté des journalistes de l'AFP, signalant de la fumée près du mur d'enceinte.
Un témoin a indiqué avoir entendu deux autres explosions similaires plus tôt dans la journée, alors que des conseillers de la coalition internationale antijihadistes emmenée par Washington stationnent sur une base dans l'enceinte de l'aéroport.
A Bagdad, deux drones ont ciblé jeudi avant l'aube un centre diplomatique et logistique américain qui accueille des militaires à l'aéroport international, d'après un responsable de sécurité. Un engin est tombé dans l'enceinte du centre et l'autre non loin de là, sur le site d'une académie d'aviation civile, sans faire de dégâts, selon la même source.
Ces attaques interviennent alors que le secrétaire général des influentes Brigades du Hezbollah "a donné pour ordre d'arrêter de prendre pour cible l'ambassade américaine à Bagdad pendant cinq jours."
Le communiqué publié jeudi matin cite néanmoins plusieurs conditions: tout d'abord "d'empêcher l'entité sioniste (Israël, ndlr) de bombarder la banlieue (sud) de Beyrouth."
Mais aussi un engagement des adversaires "à ne pas bombarder les zones résidentielles à Bagdad ou dans les provinces" irakiennes.
A chaque fois que "l'ennemi ne respectera pas" cette trêve, "la riposte sera immédiate", a averti le groupe, évoquant "une montée en intensité des frappes après la fin du délai" de cinq jours.
L'ambassade américaine a été à plusieurs reprises la cible d'attaques de drones et de roquettes ces derniers jours, la plupart interceptées par les défenses antiaériennes.
- Ex-paramilitaires visés -
Jeudi, deux combattants d'une alliance d'ex-paramilitaires englobant des groupes pro-iraniens ont été tués dans deux frappes distinctes visant leurs positions dans le nord de l'Irak, selon cette institution, le Hachd al-Chaabi, qui dénonce des attaques "israélo-américaines."
Les bombardements ont visé une position dans la plaine de Ninive, où se trouve Mossoul, et un site près d'un aéroport militaire dans la province de Salaheddine, d'après deux communiqués du Hachd, alliance intégrée aux forces régulières de l'Etat irakien.
Lors de la frappe sur Salaheddine, l'évacuation des victimes "s'est avérée difficile parce que l'aviation ennemie poursuivait son survol", assure un des textes, évoquant par le passé "un ciblage délibéré des secours."
Le second bombardement, à Ninive, a visé une position de la 30e brigade du Hachd, d'après un communiqué.
Cette brigade est un "auxiliaire local" et "de troisième rang", estimait en 2024 le think-tank américain Washington Institute, dans une analyse sur son site Internet, l'accusant d'attaques contre des cibles américaines, kurdes et turques.
Cette faction -essentiellement formée de membres de la minorité ethno-religieuse Shabaks- "joue un rôle important dans la consolidation de l'influence iranienne et de ses alliés" à Ninive, d'après cette note d'analyse. Elle est affiliée à la puissante organisation Badr, autre groupe armé, d'après la même source.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.