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Irak: trois combattants du Hachd al-Chaabi tués dans des frappes aériennes


Samedi 28 mars 2026 à 19h30

Bagdad, 28 mars 2026 (AFP) — Trois combattants ont été tués samedi en Irak dans des frappes aériennes visant le Hachd al-Chaabi, coalition d'anciens paramilitaires englobant des groupes armés pro-Iran, qui a dénoncé une attaque "israélo-américaine" en plein conflit au Moyen-Orient.

Ces dernières semaines, des raids similaires imputés aux Etats-Unis et à Israël ont visé des groupes armés pro-Iran et des unités du Hachd al-Chaabi, coalition intégrée aux forces de sécurité étatiques irakiennes.

Ces frappes, jamais revendiquées, qui visent des forces que Bagdad considère comme partie intégrante de son appareil sécuritaire, ont provoqué des tensions entre l'Irak et les Etats-Unis.

Samedi après-midi, "trois frappes aériennes" ont touché le commandement des opérations du Hachd al-Chaabi à Kirkouk, dans le nord de l'Irak, selon un communiqué de cette alliance, qui dénonce "une attaque israélo-américaine".

Trois combattants ont péri et quatre autres ont été blessés, d'après cette source.

Le QG du Hachd se trouve près de l'aéroport de Kirkouk, d'une base de l'armée de l'air et d'une autre abritant des forces spéciales, selon un responsable de sécurité, faisant également état de six blessés parmi des soldats.

Depuis le lancement d'une offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février, l'Irak a été aspiré dans un conflit régional qu'il tente d'éviter.

Outre les frappes contre les groupes pro-Iran, ces factions revendiquent quotidiennement des dizaines d'attaques de drone et tirs de roquettes contre la présence militaire américaine, en Irak et ailleurs au Moyen-Orient.

Ces attaques ont notamment pris pour cible l'ambassade américaine à Bagdad, mais aussi les effectifs d'une coalition internationale antijihadiste déployée en Irak.

Samedi, une "attaque" de drone dans l'extrême nord du pays a aussi visé une résidence secondaire du président du Kurdistan autonome, Nechirvan Barzani. Les autorités à Bagdad ont annoncé l'ouverture d'une enquête pour traduire en justice les auteurs.

Une attaque "inacceptable" selon le président Emmanuel Macron, qui a appelé à "tout faire" pour "éviter que l'Irak ne soit entraîné dans l'escalade en cours."

Les Gardiens de la Révolution en Iran ont également dénoncé cette attaque de drone qualifiée d'"acte de terrorisme".

- "Renforcer la coopération" -

Pour juguler la violence en Irak, Washington et Bagdad ont annoncé vendredi soir un renforcement de leur coopération afin d'"empêcher les attaques" contre le personnel américain, les missions diplomatiques et les effectifs de la coalition internationale.

L'annonce intervient après une poussée de fièvre entre Washington et Bagdad, qui est aussi allié de Téhéran.

Des frappes aériennes ont visé une base et un hôpital militaire à l'ouest de Bagdad dans la région de Habbaniya, tuant mardi 15 combattants du Hachd al-Chaabi et mercredi sept soldats de l'armée.

Le gouvernement n'a pas nommément accusé les Etats-Unis, mais il avait annoncé convoquer le chargé d'affaires américain après la frappe visant le Hachd, qui déjà avait dénoncé des "frappes aériennes américaines".

Après les frappes meurtrières contre l'armée, un porte-parole de la diplomatie américaine avait nié "catégoriquement" toutes les "allégations selon lesquelles les Etats-Unis ont pris pour cible les forces de sécurité irakiennes."

Le Pentagone avait reconnu frapper les groupes pro-iraniens, alors que la diplomatie américaine n'a de cesse de fustiger "des attaques généralisées" menées par "des milices soutenues par l'Iran" contre des cibles américaines.

Samedi soir, deux puissantes explosions ont retenti aux abords de l'aéroport d'Erbil, selon un journaliste de l'AFP, qui a entendu les alarmes de la défense antiaérienne interceptant des projectiles visant la coalition antijihadiste.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.