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Irak: sept soldats tués dans une nouvelle frappe sur l'Ouest


Mercredi 25 mars 2026 à 13h40

Bagdad, 25 mars 2026 (AFP) — Au moins sept soldats ont été tués mercredi en Irak dans une frappe aérienne visant une base dans l'ouest du pays, déjà visée la veille par un bombardement meurtrier contre le Hachd al-Chaabi, alliance d'ex-paramilitaires englobant des groupes pro-iraniens.

Depuis le début de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février, l'Irak a été aspiré dans un conflit qu'il voulait éviter à tout prix.

Des groupes armés irakiens pro-iraniens revendiquent quotidiennement des attaques contre des militaires ou des intérêts américains, tandis que ces factions sont visées par des frappes imputées aux Etats-Unis ou à Israël.

La mort mercredi de sept soldats de l'armée irakienne illustre le défi qui se pose aux autorités pour éloigner le pays du conflit régional, alors même que la coalition du Hachd al-Chaabi, totalement intégrée dans l'appareil sécuritaire de l'Etat, abrite en son sein des factions armées qui agissent aussi en leur nom propre, hors de tout cadre officiel.

C'est dans la région de Habbaniya (province d'Al-Anbar) qu'une frappe aérienne a visé une base où stationnent des effectifs de l'armée, de la police et du Hachd al-Chaabi, d'après un responsable de sécurité.

Après le bombardement, "des tirs effectués depuis l'avion de combat" ont visé le site, notamment une clinique militaire, a précisé le ministère de la Défense dans un communiqué, faisant état de sept morts et 13 blessés parmi ses "combattants".

L'attaque "constitue une violation flagrante et dangereuse du droit international, qui interdit de prendre pour cible les installations médicales et leur personnel", a dénoncé le ministère.

Le responsable sécuritaire interrogé par l'AFP a confirmé la mort d'au moins un officier de la médecine militaire, tout en évoquant six blessés parmi les forces du Hachd al-Chaabi.

L'Irak va saisir le Conseil de sécurité des Nations unies au sujet de ces frappes sur son territoire, a déclaré mercredi le bureau du Premier ministre.

- "Erreur" -

Mardi, la même base dans l'ouest avait été visée par une "frappe aérienne américaine" qui avait tué 15 combattants du Hachd al-Chaabi, d'après un communiqué de l'alliance.

L'attaque avait poussé les autorités à accorder un "droit de riposte et d'autodéfense" pour contrer les attaques qui ciblent "les positions et les unités étatiques du Hachd al-Chaabi et des autres forces armées".

Le Cadre de coordination, influente coalition chiite qui détient la majorité parlementaire, a indiqué que ce "droit d'autodéfense" se faisait "selon les ordres et instructions" du commandement conjoint des forces irakiennes.

Tout comme elle a souligné "le droit exclusif de l'Etat pour les décisions de guerre".

Bagdad dénonce aussi bien les frappes sur des positions du Hachd al-Chaabi que les attaques visant les soldats étrangers et les représentations diplomatiques.

Le Pentagone a reconnu recourir à des hélicoptères de combat pour frapper des groupes armés pro-iraniens en Irak.

Tant mardi soir que mercredi matin, le bruit des avions militaires survolant la capitale irakienne, Bagdad, était particulièrement intense, ont rapporté des journalistes de l'AFP.

Les hostilités se sont aussi propagées au nord du pays, où six membres des forces armées du Kurdistan autonome, les Peshmerga, avaient été tués mardi.

Les autorités iraniennes ont reconnu que les tirs de missiles balistiques étaient "une erreur" et qu'une enquête était en cours, selon le président du Kurdistan irakien, Nechirvan Barzani.

Le ministère des Affaires étrangères irakien a dit qu'il allait convoquer le chargé d'affaires américain et l'ambassadeur iranien au sujet de ces bombardements.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.