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Irak: plus de 4.580 détenus de l'EI transférés depuis la Syrie


Mardi 10 février 2026 à 11h10

Bagdad, 10 fév 2026 (AFP) — L'armée américaine a transféré en Irak plus de 4.580 membres présumés de l'organisation Etat islamique (EI) jusqu'ici détenus en Syrie, une opération lancée en janvier pour éviter tout risque d'évasion.

Au total, 4.583 d'entre eux sont arrivés en Irak sur un objectif de 7.000, a déclaré mardi à l'AFP Saad Maan, chef de la cellule d'information sécuritaire, rattachée au bureau du Premier ministre.

Ils se trouvent désormais dans des centres de détention "sécurisés", selon les autorités.

Cette décision de transfert a été prise après le retrait, sous la pression de Damas, des forces kurdes de larges pans du nord de la Syrie, où elles contrôlaient des prisons de jihadistes.

Parmi les détenus, se trouvent des Syriens, des Irakiens et des Européens, ainsi que des détenus d'autres nationalités, selon plusieurs sources de sécurité irakiennes.

La justice irakienne a annoncé l'ouverture de procédures judiciaires à leur encontre.

Les tribunaux du pays ont par le passé condamné à la peine de mort et à la prison à vie des centaines de membres de l'EI, incluant de nombreux combattants étrangers, dont certains avaient déjà été transférés de Syrie.

Cela a valu à Bagdad des critiques des défenseurs des droits humaines, qui ont dénoncé des procès expéditifs, des aveux obtenus sous la torture ou une représentation juridique inefficace.

Bagdad et Washington ont exhorté les pays d'origine de ces détenus à les rapatrier, se heurtant aux réticences de dizaines de gouvernements, notamment occidentaux.

En 2014, l'EI s'était emparé de vastes territoires en Syrie et en Irak, commettant des massacres et réduisant des femmes et des filles en esclavage sexuel.

Appuyé par la coalition menée par les Etats-Unis, l'Irak a proclamé la défaite du groupe en 2017.

En Syrie, les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, ont défait l'EI deux ans plus tard. Elles ont emprisonné des milliers de membres présumés du groupe, et placé des dizaines de milliers de leurs proches dans des camps.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.