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Irak/pétrole: ExxonMobil toujours actif au Kurdistan (présidence kurde)


Samedi 17 mars 2012 à 15h09

BAGDAD, 17 mars 2012 (AFP) — La présidence de la région autonome du Kurdistan irakien a démenti samedi que la major pétrolière américaine ExxonMobil ait suspendu un contrat d'exploration passé avec elle à l'automne, comme l'avait affirmé plus tôt un responsable gouvernemental à Bagdad.

"La compagnie pétrolière ExxonMobil continue de travailler au Kurdistan et n'a fait aucune annonce au gouvernement kurde relative à un gel de ses activités au Kurdistan", a indiqué samedi à l'AFP le secrétaire général de la présidence kurde, Fouad Hussein, à Erbil.

"Il y a constamment des réunions entre les parties concernées dans la région et les dirigeants du groupe américain", a souligné ce responsable.

Plus tôt dans la journée, un responsable gouvernemental avait indiqué à l'AFP sous couvert d'anonymat que le groupe "suspendait" ce contrat, au sujet duquel Bagdad et la région autonome sont en conflit depuis plusieurs mois.

"ExxonMobil a envoyé une lettre au ministère irakien du Pétrole ce mois-ci pour l'informer qu'il avait suspendu son contrat avec le Kurdistan", a-t-il indiqué à l'AFP, sans plus de détails.

ExxonMobil avait signé à la mi-octobre un accord d'exploration pétrolière avec le Kurdistan, s'attirant les foudres du gouvernement central irakien, qui considère cet accord comme nul et non avenu.

Le gouvernement de Bagdad ne reconnaît que les accords signés avec le ministère du Pétrole, et a jusqu'à présent interdit à toute compagnie pétrolière ayant un contrat avec le Kurdistan de participer à des appels d'offres dans le reste du pays. Le Kurdistan a signé dans le passé une quarantaine de contrats avec des compagnies étrangères.

Le groupe américain s'est vu sommer par Bagdad de choisir entre le contrat kurde et celui qu'il a par ailleurs dans le champ pétrolier de Qurna-Ouest (sud), où il produit avec la compagnie anglo-néerlandaise Shell environ 370.000 bj.

Le bras de fer autour d'ExxonMobil en Irak est perçu comme hautement significatif pour les autres grands groupes pétroliers internationaux, dont beaucoup convoitent les vastes réserves pétrolières du pays.

Le groupe français Total a récemment indiqué être entré en discussions pour des contrats pétroliers au Kurdistan irakien mais n'avoir signé aucun accord à ce sujet pour le moment.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.