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Irak: les dirigeants se donnent jusqu'à mercredi pour se partager le pouvoir


Lundi 8 novembre 2010 à 16h27

ERBIL (Irak), 8 nov 2010 (AFP) — Les dirigeants politiques irakiens, réunis lundi à Erbil, la capitale du Kurdistan, se sont donnés deux jours supplémentaires pour finaliser un accord sur le partage du pouvoir afin de mettre fin à huit mois de crise politique.

"L'attribution des trois présidences (chef de l'Etat, président du Parlement et Premier ministre, NDLR) doit être discutée demain et après-demain (mardi et mercredi) et des choses importantes doivent être décidées ces deux prochains jours", a affirmé aux journalistes, à l'issue de la réunion, le président kurde Massoud Barzani, hôte de la conférence.

Le cénacle doit se poursuivre mardi et mercredi à Bagdad. A l'ouverture, les deux rivaux, le Premier ministre sortant Nouri al-Maliki et son prédécesseur Iyad Allawi, ont campé sur leurs positions.

"Il faut former rapidement un gouvernement qui reflète les résultats des élections. Nous devons être égaux en droits, en devoirs et dans (le partage) du pouvoir, sans que quiconque n'ait la main haute sur les autres", a affirmé M. Allawi, chef du Bloc irakien.

M. Allawi, dont la liste soutenue par les sunnites a obtenu 91 sièges contre 89 à celle de Nouri al-Maliki, reproche à ce dernier d'avoir accaparé le pouvoir et de l'exercer de façon personnelle. Il exige donc une révision de la Constitution pour réduire les pouvoirs du Premier ministre.

Pas question, a rétorqué M. Maliki. "Le partenariat doit être conclu avec de vrais partenaires attachés à la Constitution. La nouvelle page est conditionnée à l'attachement à la Constitution, c'est une condition indispensable au partenariat", a déclaré le Premier ministre sortant.

Ces prises de position augurent mal des résultats de la réunion, alors que le Parlement est convoqué jeudi pour élire son président, comme lui a enjoint la Cour suprême.

Cette élection est une étape indispensable avant la désignation du chef de l'Etat et du Premier ministre, selon la Constitution.

Le vice-président de la République, le sunnite Tarek al-Hachemi, s'est montré pessimiste. "Il y a eu des convergences politiques lors de nos réunions à Bagdad mais il reste des points essentiels non résolus et je ne pense pas qu'ils le seront lors cette réunion, car il faut du temps", a-t-il dit.

Devant des positions aussi tranchées, l'ancien Premier ministre Ibrahim Jaafari a poussé un cri de colère: "Il faut que chacun fasse des sacrifices car le peuple attend des actions concrètes".

M. Maliki est arrivé en position de force à cette réunion, car il dispose du plus vaste soutien au Parlement, avec 148 élus. Il lui manque encore 15 sièges pour obtenir la majorité absolue des 325 sièges. Les différentes formations kurdes ont obtenu 57 sièges au total.

Or, selon le porte-parole du gouvernement Ali al-Dabbagh, un accord a été conclu samedi entre l'Alliance Nationale, regroupant les formations chiites auxquelles appartient M. Maliki, et l'Alliance kurde.

Au terme de cet accord, le kurde Jalal Talabani continuerait à être chef de l'Etat, Nouri al-Maliki resterait Premier ministre et Iraqiya se verrait offrir le poste de président du Parlement.

Théoriquement, chiites et kurdes peuvent donc former seuls un gouvernement, mais l'exclusion de la majorité des sunnites risquerait de raviver les violences, cette communauté pouvant s'estimer lésée.

M. Barzani s'est montré prudent: "Nous annoncerons nos choix lors de la réunion du Parlement", a-t-il déclaré aux journalistes.

"Iraqiya ne nous a pas dit qu'il refuserait de participer à un gouvernement dirigé par Maliki et qu'il voulait se retirer du processus politique", a-t-il souligné.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.